samedi 17 novembre 2018

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Dépannage - Remorquage 

      De la nécessité d’adapter les véhicules de dépannage-remorquage

SAINT -OUEN le 10 Décembre 2013  - Les prescriptions techniques des véhicules de dépannage-remorquage relèvent à ce jour d’un arrêté du 30 septembre 1975. Ce texte majeur est, depuis de nombreuses années, inadapté aux interventions de dépannage-remorquage et au parc automobile roulant. 

La F.N.AA est soucieuse de permettre aux dépanneurs d’intervenir avec des véhicules parfaitement en phase avec leur métier, et de lutter contre des dérives devenus insupportables. Ainsi, la F.N.AA travaille activement depuis plusieurs années sur la modification du texte de 1975. C’est précisément pour cela que le Ministère des Transports s’est légitiment rapproché de la F.N.AA en 2011, puis en juillet 2013 et en dernier lieu le 28 novembre dernier. 

Le dépanneur-remorqueur est un acteur majeur de la sécurité routière qui exerce son métier dans des conditions difficiles, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec un matériel hautement technique et coûteux. 
A cela s’ajoute le fait que la technicité croissante des véhicules lui impose d’effectuer des formations qualifiantes pour assurer du dépannage sur place ou une intervention dans les meilleurs délais en atelier.
Toutefois, la pression financière exercée sur nos professionnels, devenue insoutenable, grève la rentabilité de nos entreprises, tire inexorablement notre profession vers le bas, et contribue à la multiplication de dépanneurs qui investissent dans des véhicules inadaptés eu regard de leur charge utile ou de la capacité de leur dispositif de levage.

C’est ainsi que l’on en arrive à ce que des acteurs de la sécurité routière que sont les dépanneurs se retrouvent en surcharge, et par conséquent en infraction par rapport aux dispositions du code de la route, avec pour conséquence une déchéance d’assurance multirisque professionnelle

Si certains choisissent de fermer les yeux face à cette réalité, la F.N.AA prend ses responsabilités en considérant que la profession de dépannage-remorquage ne peut plus accepter un tel état de fait. 

Il y a lieu néanmoins de distinguer deux cas de figure :

- Cas où le dépanneur ne disposerait pas de solution alternative 
Ce cas de figure a été longuement débattu lors de la réunion précitée du 28 novembre et se rapporte aux interventions réalisées dans les parkings souterrains avec des véhicules 4X4. L’offre des constructeurs en véhicules de remorquage ne permet actuellement d’intervenir que pour les véhicules des deux premiers segments du parc automobile (mirco-urbaines et mini-citadines), autant dire une toute petite proportion. Dans tous les autres cas de figure, la capacité du dispositif de levage est très insuffisante (ce qui représente plus de 80% des cas). Dans ces conditions, nos dépanneurs courent un risque en étant en infraction par rapport aux dispositions du code de la route, et peuvent être frappés d’une déchéance d’assurance multirisque professionnelle.  
Si la capacité technique des véhicules ne peut être améliorée en la matière, nous pensons néanmoins que des solutions d’amélioration existent, nous demandons à ce que nos dépanneurs ne soient pas pris en otage. Des solutions ou aménagements doivent nécessairement être trouvés pour permettre aux dépanneurs d’intervenir en toute sécurité, y compris sur le plan juridique. 

- Cas d’insuffisance de la charge utile

Les dépanneuses VL plateau ont actuellement une charge utile qui ne leur permet d’intervenir que sur les deux premiers segments du parc roulant.
Ce type de véhicule n’est plus en phase avec le parc roulant. Ils sont néanmoins quotidiennement utilisés au-delà de leur limite technique par nombre de dépanneurs faisant du dumping. C’est en cela que notre profession est tirée vers le bas. Nous pensons qu’il est temps de prendre acte de cette situation devenue intolérable et qui doit nous amener à prendre des mesures ambitieuses permettant d’aboutir à ce que des acteurs de la sécurité routière ne puissent pas être aussi fréquemment en contradiction avec leurs missions premières.
Cette position n’est nullement dommageable aux constructeurs, bien au contraire ce sont les dépanneurs qui devront investir dans un matériel plus coûteux. Nous assumons néanmoins cette position qui permet à nos professionnels de travailler avec du matériel adapté à la réalité de leur activité, et d’assainir nos professions et de supprimer une forme de concurrence déloyale, tout en accordant un délai de mise en application de ces nouvelles dispositions.
 
C’est la raison pour laquelle, nous considérons que la charge utile doit être au minimum de 2 tonnes, et ce d’autant plus avec l’avènement du permis C1. Ce sont ces considérations qui motivaient au demeurant notre demande constante de modification du texte de 1975 pour le mettre en phase avec les véhicules actuels.

Soucieux de préservant les intérêts des constructeurs, le Ministère préfère rester, quant à lui sur le statu quo en continuant à homologuer des véhicules qui manifestement ne permettent pas de remplir leur fonction et qui contribuent à ce que de plus en plus de dépanneurs tirent la profession vers le bas en utilisant des dépanneuses VL constamment en surcharge.   

Nous regrettons fortement au demeurant que le CNPA partage cette position de courte vue qui, en n’en pas douté, conforte le Ministère alors que celle-ci n’est pas de l’intérêt de la profession de dépannage-remorquage.