mardi 13 novembre 2018

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La situation des détaillants en carburants

L’impossible rentabilité des détaillants traditionnels en carburants. Ils représentent 38% du marché et plus de 20 000 salariés (8% par les stations-service indépendantes et 30% par les réseaux pétroliers), ne vivent majoritairement que de la vente des carburants. Or, leurs marges sont exsangues : elles n’excèdent guère 1 à 2 centimes d’euro du litre de carburant vendu.

La situation de ces entreprises terriblement vulnérables est d’autant plus préoccupante qu’elles sont souvent les dernières à distribuer du carburant dans les zones rurales ou suburbaines, assurant ainsi un service aussi précieux qu’irremplaçable. Elles permettent :

· aux consommateurs qui ne peuvent s’y déplacer qu’en voiture de travailler et de s’approvisionner ;

· et aux entreprises qui les emploient, de survivre et de prospérer.

Mais le temps est compté pour ces détaillants en carburants qui ne peuvent par exemple pas affronter les échéances incontournables de mises aux normes environnementales (2013, 2015 et 2020), beaucoup trop lourdes et coûteuses. Nombres de stations-service traditionnelles sont en situation de survie et n’ont en effet pas les moyens de supporter seules un tel investissement impossible à rentabiliser !

L’impossible solution du CPDC. Les Pouvoirs publics renvoient constamment les professionnels concernés vers le CPDC (Comité Professionnel de la Distribution de Carburants), qui a effectivement vocation à octroyer des aides pour le développement et la mise aux normes des stations-service. Mais son budget a subi des baisses drastiques (-25% sur un an, -45% sur deux ans) qui l’empêchent de soutenir la profession. Actuellement, le CPDC a un stock de… 2 400 dossiers en attente ! Malgré des économies de fonctionnement substantielles, sa dotation pour 2012 (3,55 millions d’euros) est quasiment épuisée. Les délais d’instruction des dossiers sont de surcroît beaucoup trop longs (3 ans en moyenne pour avoir une décision du CPDC).
Pour toutes ces raisons, le CPDC ne permet de répondre, au mieux, qu’à 35% des besoins du secteur !

La mise en place urgente d’un Contrat d’Avenir

La prise en compte d’un véritable service d’utilité public. La F.N.AA rappelle que les zones rurales « hébergent » 60% de Français répartis dans 35 000 villes et villages qui comptent moins de 2 000 habitants… mais représentent plus de 97% des 36 000 communes françaises (*). Dans ces 35 000 communes rurales ou suburbaines, les solutions de transports alternatifs à l’automobile sont et resteront massivement inaccessibles aux consommateurs. Les stations-service y constituent même parfois, au-delà du ravitaillement vital en carburants, le dernier commerce assurant la cohésion de la communauté ! C’est pourtant ces zones qui ont payé le plus lourd tribut des 26 000 stations disparues en 27ans, une hémorragie qui se poursuit au rythme de 500 fermetures par an !

Dans ce contexte périlleux, tant pour les consommateurs usagers que pour les professionnels et compte tenu des enjeux pour l’aménagement du territoire, notamment en termes de services de proximité et d’emplois, la F.N.AA appelle à l’adoption d’un dispositif d’urgence dédié à l’ensemble des stations-service traditionnelles et tout particulièrement à ces stations de maillage qui assurent l’essentiel de la capillarité dans les zones à faibles densité.

Le Contrat d’Avenir proposé par la F .N.AA. C’est pourquoi la F.N.AA est venue rappeler au ministère de l’Economie que le maillage des stations-service traditionnelles est un atout formidable sur lequel l’Etat peut s’appuyer.

Elle a ainsi réclamé la mise en place urgente d’un Contrat d’Avenir dont le contenu doit être imaginé avec toutes les parties prenantes incluant même les élus locaux.

D’un point de vue pratique, ce Contrat d’Avenir pourrait trouver son «carburant financier» via une augmentation immédiate du budget attribué au CPDC. Cette structure, bien connue des détaillants en carburants, permettrait d’apporter les aides aux exploitants qui réaliseraient ces investissements d’avenir pour la filière automobile. La FNAA a chiffré le besoin d’aide de la profession à 35 millions d’euros supplémentaires sur trois ans.

L’heure est venue où la mobilisation de toutes les énergies est nécessaire. La F.N.AA invite d’ailleurs les élus locaux à s’emparer du dossier dans l’intérêt de tous.

(*) source : Gerpisa