Alors que 300 à 400 stations-service rurales seraient aujourd’hui menacées, la Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) alerte sur les conséquences de leur disparition pour les territoires et leurs habitants. À l’occasion de réunions organisées à Bercy, notamment avec Serge Papin, ministre des PME, du Commerce et de l’Artisanat, et Maud Brégeon, porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie, la Fédération a présenté plusieurs propositions visant à soutenir durablement les stations rurales, à assurer leur maintien et à accompagner leur transformation et la diversification de leurs activités. Plusieurs de ces propositions ont reçu un accueil favorable du ministre.
Trois stations sur quatre ont déjà disparu
La France comptait près de 47 500 stations-service en 1975, contre seulement 10 764 en 2025. En cinquante ans, plus de trois stations sur quatre ont disparu. La baisse touche surtout les stations traditionnelles, qui ont perdu près de 160 stations entre 2023 et 2025, tandis que les grandes et moyennes surfaces captent 65 % des volumes vendus. Conséquence : 1 Français sur 10 doit déjà rouler plus de 25 minutes pour trouver une station. Et la tendance pourrait encore s’accélérer : selon une enquête de l’ANFA, 41 % des gérants de stations-service traditionnelles indépendantes envisagent de cesser la distribution de carburant d’ici 2035.
Pour la FNA, 300 à 400 stations rurales sont aujourd’hui particulièrement menacées. Sur le terrain, les premières conséquences sont déjà visibles : arrêt de l’activité carburant, difficultés économiques, liquidations ou encore suppressions d’emplois.
Des propositions favorablement accueillies par Serge Papin
La FNA, représentée notamment par Jacques Vaysse, Président de la branche Mobilité & Nouvelles Énergies, a porté auprès de Serge Papin et de son conseiller commerce, consommation et lutte contre la fraude, Thibault Henry de Villeneuve, plusieurs propositions concrètes pour assurer l’avenir des stations indépendantes ce 7 octobre.
Parmi les principales demandes défendues par la Fédération figure l’extension aux stations-service des dispositifs de soutien aux commerces ruraux déjà existants. Au-delà de la distribution de carburant, la fermeture de ces stations menace également de nombreux services de proximité indispensables aux habitants : relais colis, commerces alimentaires, points presse ou encore vente de gaz.
Un fonds dédié pour transformer les stations en pôles multiservices
Pour la FNA, la réponse doit aller au-delà des aides ponctuelles ou de nouveaux prêts. Des professionnels déjà fragilisés par des marges de quelques centimes (5 centimes par litre en moyenne) et des charges en hausse ne pourront pas assurer leur avenir en augmentant encore leur niveau d’endettement.
La Fédération propose donc un accompagnement de long terme destiné à financer la transformation et la diversification des stations : modernisation des infrastructures, nouvelles énergies, stations de lavage, recharge électrique, entretien automobile, commerce ou nouveaux services de proximité.
Pour y parvenir, la Fédération défend donc la création d’un fonds dédié aux stations participant au maillage territorial, afin de soutenir leurs investissements et leur permettre de développer de nouvelles sources de revenus.
L’ambition est de faire évoluer progressivement ces entreprises vers de véritables pôles multiservices ruraux, capables de maintenir une activité économique et un service de proximité essentiels dans les territoires.

« Sur le terrain, la situation devient extrêmement préoccupante. Des professionnels travaillent avec quelques centimes de marge et certains nous annoncent déjà l’arrêt de leur activité. Notre objectif n’est pas de maintenir artificiellement les stations dans leur modèle actuel, mais de leur donner les moyens de se transformer et de diversifier leurs activités. Il faut agir maintenant, avant que leur disparition ne devienne irréversible dans certains territoires », indique Jacques Vaysse, Président de la branche Mobilité & Nouvelles Énergies de la FNA
Pour la FNA, l’enjeu est désormais de transformer ces premières ouvertures en mesures concrètes et durables. Soutenir aujourd’hui la transformation des stations rurales, c’est éviter l’apparition de nouveaux déserts de mobilité.





















