À la suite des annonces de l’État visant à encadrer les prix des carburants, la Fédération Nationale de l’Automobile exprime sa vive inquiétude. Les mesures évoquées, telles que le plafonnement des marges des stations-service ou la mise en place de dispositifs de signalement des stations jugées « trop chères », apparaissent à la fois inefficaces pour les consommateurs et préoccupantes pour les professionnels du secteur.
Une mauvaise cible et des mesures inefficaces
La formation du prix des carburants est pourtant bien connue : près de 60 % du prix à la pompe correspond à la fiscalité, tandis que la marge des stations-service se limite à 1 à 5 centimes par litre.
Dans ce contexte, cibler les stations-service revient à s’attaquer à un levier marginal, sans impact significatif sur le prix final payé par les automobilistes.

Comme le souligne Jacques Vaysse :
« On s’attaque à quelques centimes, mais on évite soigneusement les dizaines de centimes de taxes empochées par l’État. Or, c’est bien là que se situe le principal levier pour agir efficacement sur le prix des carburants. »
Le plafonnement des marges envisagé risque ainsi de fragiliser davantage les stations-service, en particulier dans les zones rurales, où leur équilibre économique est déjà sous tension.
Un climat de défiance préoccupant
La FNA s’alarme également des informations relayées par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat, invitant à signaler les stations jugées « trop chères ».
Une telle démarche contribue à instaurer un climat de défiance injustifié à l’égard des professionnels, alors même que les stations-service indépendantes ne maîtrisent pas les déterminants des prix à la pompe.
Cette situation suscite une forte incompréhension au sein du réseau, d’autant que la transparence existe déjà : les prix des carburants sont publics, accessibles et actualisés quotidiennement via les outils officiels de l’État.
Par ailleurs, la Fédération Nationale de l’Automobile a récemment engagé, avec l’association 40 millions d’automobilistes, une démarche de pédagogie visant à expliquer aux consommateurs la décomposition du prix du carburant.
Un double risque pour les consommateurs et les professionnels
À défaut de mesures adaptées, le risque est double :
- aucune baisse tangible des prix pour les consommateurs,
- une fragilisation accrue des stations-service indépendantes, pouvant aller jusqu’à la disparition de nombreuses entreprises artisanales, notamment dans les territoires ruraux.
Un appel à un changement de cap
Pour la Fédération Nationale de l’Automobile, ces orientations passent à côté de l’essentiel. La fiscalité demeure aujourd’hui le principal levier pour agir efficacement sur le prix des carburants et soutenir le pouvoir d’achat des Français.
La FNA appelle ainsi le Gouvernement à :
- baisser la fiscalité sur les carburants,
- supprimer les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie),
- engager une véritable concertation avec les professionnels du secteur.
La Fédération demande au Gouvernement de revoir rapidement sa position et de privilégier des mesures réellement efficaces, fondées sur les déterminants structurels du prix des carburants.





















