Le 21 mai prochain, les professionnels du dépannage-remorquage et des fourrières se rassemblent à Paris pour une mobilisation historique. Face à une accumulation de difficultés économiques, sécuritaires et réglementaires, la FNA alerte les pouvoirs publics : sans réponse rapide, c’est tout un pan du service rendu aux automobilistes et aux forces de l’ordre qui est menacé.
Depuis plusieurs années, la Fédération Nationale de l’Automobile mène un travail de fond avec les administrations pour faire évoluer les conditions d’exercice de ces métiers essentiels à la sécurité routière et à l’ordre public. Des groupes de travail ont été engagés sur les questions tarifaires, la sécurité des professionnels et l’évolution du cadre réglementaire.
Mais aujourd’hui, la hausse brutale des coûts d’exploitation – notamment du carburant – agit comme un révélateur d’une situation devenue insoutenable pour de nombreuses entreprises.
Un maillage territorial indispensable, aujourd’hui en danger
Chaque jour, partout en France, les entreprises de dépannage-remorquage-fourrière assurent une mission essentielle : sécuriser les routes, intervenir après les accidents, enlever les véhicules dangereux ou gênants, accompagner les forces de l’ordre et garantir la fluidité du trafic.
Ce maillage territorial repose principalement sur des TPE et PME de proximité, disponibles 24h/24 et 7j/7, souvent dans des conditions difficiles. La profession compte environ 6 000 entreprises, dont une majorité de garages automobiles proposant ce service.
De plus en plus d’entreprises renoncent aujourd’hui à poursuivre cette activité, devenue économiquement intenable. À terme, c’est la capacité même d’assurer un service rapide et efficace de dépannage et d’évacuation des véhicules légers et lourds sur l’ensemble du territoire qui est menacée.
« Ces entreprises exercent une véritable mission d’utilité publique. Si elles disparaissent progressivement, ce sont les automobilistes, les collectivités et les forces de l’ordre qui en subiront directement les conséquences. »
Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage-fourrière de la FNA
Des entreprises au bord de l’asphyxie économique
Les tarifs des prestations de dépannage et de remorquage sur autoroutes et voies express, ainsi que ceux liés à l’enlèvement de véhicules en vue de leur mise en fourrière (rodéos urbains, conduite sous stupéfiants, stationnement dangereux…), sont encadrés par des plafonds réglementaires aujourd’hui totalement déconnectés des réalités économiques du secteur.
Certains de ces tarifs sont quasiment inchangés depuis le passage à l’euro au début des années 2000. Ils ne tiennent plus compte de l’évolution considérable des charges supportées par les entreprises : carburant, assurances, équipements spécialisés, foncier, exigences accrues en matière de sécurité des sites, ou encore investissements liés à l’électrification du parc.
Dans le même temps, la hausse du prix du diesel – indispensable aux véhicules d’intervention – ne peut être répercutée, fragilisant durablement les entreprises de proximité.
Aujourd’hui, les professionnels sont confrontés à trois réalités :
- Des interventions réalisées à perte. Malgré cela, les entreprises continuent d’assurer leurs missions, souvent dans des situations d’urgence où elles sont les seules à pouvoir intervenir. L’Administration refuse pourtant depuis des années de revaloriser les interventions de nuit et des jours fériés, contrairement à ce qui existe dans de nombreuses autres professions.
- Des impayés durables de la part de l’Administration, notamment dans certaines procédures judiciaires.
- Le retrait de certaines compagnies d’assurance dans la couverture de ces activités, qui vont jusqu’à contester le bien-fondé des réquisitions des forces de l’ordre et à refuser le règlement de prestations réalisées pour leurs propres assurés.
Les mesures immédiates demandées par la FNA
Face à cette situation, la FNA demande trois mesures urgentes :
- Des aides carburants ciblées vers les professionnels du dépannage-remorquage-fourrière, au même titre que les autres secteurs exposés déjà accompagnés.
- Une revalorisation urgente des tarifs réglementés, leur révision annuelle et le droit de majorer la nuit, le week-end et les jours fériés.
- Un plan d’accompagnement pérenne (mesures fiscales incitatives, réduction des délais de paiement de l’administration…).
Pour la FNA, l’État ne peut plus ignorer la dégradation de la santé économique de la profession – dégradation dont il est en partie responsable, du fait de l’inaction cumulée depuis des années.
La sécurité des interventions, l’autre urgence
La profession appelle également à un renforcement global de la sécurité, tant lors des interventions que sur les sites de stockage, ainsi qu’à une meilleure protection des professionnels. Malgré des avancées engagées avec les pouvoirs publics, les mesures prises restent insuffisantes au regard de l’urgence.
Un appel clair à l’État
À travers la mobilisation du 21 mai, la FNA souhaite envoyer un message clair : sans décision rapide des pouvoirs publics, c’est tout un pan du service de dépannage-remorquage-fourrière qui risque de se fragiliser durablement.
La Fédération appelle l’État à :
- Reconnaître officiellement le rôle d’utilité publique de la profession ;
- Préserver le maillage territorial des entreprises ;
- Garantir des conditions économiques viables ;
- Renforcer immédiatement la sécurité des interventions.
« Les professionnels ont toujours répondu présents lors des crises, des accidents majeurs, des violences urbaines ou des événements exceptionnels. Aujourd’hui, ils demandent simplement les moyens de continuer à assurer leur mission. »
Philippe Gimenez
Rendez-vous le 21 mai à Paris
La FNA invite l’ensemble des professionnels du dépannage-remorquage-fourrière et de la filière automobile à se mobiliser massivement aux côtés de la profession le 21 mai 2026 à Paris.





















