Ce mardi 3 mars 2026, la Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) a tenu une conférence de presse à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de La Roche-sur-Yon afin d’alerter sur l’ampleur des fraudes au Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV). À cette occasion, la Fédération a dévoilé les résultats d’un sondage national mené auprès des professionnels habilités ainsi que les dossiers actuellement instruits par son service juridique. Les chiffres confirment un phénomène massif, structuré et en forte progression.
Une fraude d’ampleur nationale
Les résultats du sondage sont sans équivoque :
- 27,7 % des professionnels déclarent avoir été victimes d’usurpation
- 47,8 % ont subi des immatriculations frauduleuses
- 31,9 % ont constaté des déclarations d’achat fictives
- Plus de 6 millions d’euros de préjudice cumulé ont été recensés
- Jusqu’à 830 000 € pour un seul garage
Ces fraudes reposent principalement sur l’usurpation des accès SIV : faux appels se faisant passer pour la préfecture, mails d’audit frauduleux, prises de contrôle à distance ou ajout de clés numériques.
Une fois l’accès obtenu, des centaines de cartes grises peuvent être éditées en quelques heures, sans double authentification ni alerte automatique

La Vendée en première ligne
La fraude est recensée dans 69 départements
En Pays de la Loire, 36 signalements ont été enregistrés, dont 15 en Vendée, département le plus impacté selon le sondage
En Vendée :
- 4 070 opérations frauduleuses recensées
- Plusieurs dossiers pris en charge par la FNA
- Des montants pouvant dépasser 200 000 € pour un seul garage
Des entreprises locales se retrouvent confrontées à des suspensions d’habilitation, des blocages d’activité et des contraventions pour des véhicules jamais possédés.

Une double peine pour les professionnels
Au-delà du préjudice initial, les garages victimes subissent un mécanisme fiscal automatique : les taxes liées aux immatriculations frauduleuses sont prélevées, même lorsque l’entreprise a déposé plainte
La suspension des procédures de recouvrement n’est que temporaire et conditionnée à l’issue d’une procédure pénale longue et incertaine.
Pour la FNA, cette situation constitue une double peine : victime d’une fraude d’une part, exposée à une pression fiscale et judiciaire d’autre part.
La FNA appelle l’État à agir rapidement pour sécuriser le SIV, notamment par la mise en place d’une double authentification, de mécanismes d’alerte automatique et d’un gel des créances fiscales jusqu’à décision pénale définitive.
Au-delà des enjeux économiques, la Fédération rappelle que la fiabilité du système d’immatriculation engage la confiance des automobilistes et la sécurité publique. Les artisans de l’automobile, qui agissent pour le compte de l’État, ne peuvent être laissés seuls face à une faille systémique.





















