Plan d’électrification de la France : Phase 2

Le jeudi 15 octobre 2026, le Gouvernement a présenté la phase 2 de son plan d’électrification de la France.

Pour rappel la phase 1, lancée le 23 avril 2026 avait pour objectif de « réduire nos émissions de gaz à effet de serre et renforcer notre indépendance énergétique. 60 % de l’énergie que nous consommons reste fossile et importée, soit près de 60 milliards d’euros d’importations chaque année » (Roland Lescure Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique).

La phase 2  élargit le mouvement et se concentre notamment sur le véhicule électrique.


Nous vous invitons à consulter le dossier de presse du gouvernement, présentant l’ensemble des mesures, en bas de page (rubrique « documents complémentaires »).

Les mesures intéressant le secteur automobile

Mesure 3 : 20 000 véhicules utilitaires légers pour les TPE et PME

Des primes à l’achat supplémentaires seront proposées aux TPE et PME pour l’acquisition de VUL électriques produits en Europe. Grâce aux prêts bonifiés (cf. mesure 16), le montant à mobiliser pour l’acquisition d’un VUL sera fortement réduit et le coût d’investissement du véhicule pourra être amorti sur plusieurs années.

→ Pour qui ? Cette prime supplémentaire s’adresse aux TPE et PME. Elle vise notamment les artisans du BTP. Elle s’ajoute à la prime déjà en vigueur depuis le 1er juin 2026 et maintenue pour l’ensemble des publics concernés.
→ Quel gain de compétitivité ? Une baisse du coût d’acquisition avec un soutien pouvant aller jusqu’à 11 000€ pour les modèles assemblés en Europe.
→ Quand ? Le soutien renforcé sera effectif à compter du 1er janvier 2027.
→ Quel objectif ? Nous visons que 20 000 VUL bénéficient du soutien prévu via un engagement en volume des constructeurs européens, et une charte d’encadrement des loyers.

MESURE 4 : La petite voiture électrique européenne à 10 000 €

Pour électrifier toutes les mobilités routières au-delà des seuls véhicules particuliers, le soutien à l’achat est étendu à des véhicules plus légers, capables d’atteindre jusqu’à 90 km/h en embarquant 4 passagers pour une autonomie de 150 km.
Ces véhicules pour lesquels une offre est en train d’émerger présentent un potentiel important de développement. Ils répondent à de  nombreux usages pour la mobilité du quotidien, notamment dans les territoires ruraux. Ils peuvent par ailleurs remplacer la deuxième voiture thermique du foyer utilisée pour des petits trajets, être utilisés comme véhicule principal pour des trajets domiciles-travail, ou par des étudiants ou apprentis qui ont besoin de se déplacer hors des réseaux de transports en commun. 100 % électriques, ces véhicules garantissent l’accès à une mobilité à très faible coût. Pour accélérer leur  démocratisation, le Gouvernement renforce leur soutien à l’achat dès lors qu’ils sont fabriqués en Europe.

→ Que faisons-nous ? Un nouveau soutien à l’achat est prévu pour les quadricycles L6 (45 km/h) et L7 (90 km/h), conditionné à leur assemblage au sein de l’Espace économique européen. Le soutien pour les L7 est renforcé à 2 000 €.
→ Pour qui ? Ménages et entreprises
→ Quel gain de pouvoir d’achat ? Un véhicule électrique neuf de catégorie L7 pour les usages du quotidien coûtera aux alentours de 10 000 € aides déduites
→ Quand ? Les nouvelles aides seront effectives dès le 1er janvier 2027.
→ Quel objectif ? Etendre l’électrification des mobilités routières au-delà des véhicules particuliers, en visant 15 000 L6 électriques produits en Europe soutenus en 2027 et à terme 150 000 véhicules de catégorie L7 produits en Europe vendus en 2030.

MESURE 5 : Permettre la conduite d’un véhicule utilitaire léger électrique jusqu’à 4,25 tonnes avec un Permis B

Le permis B est actuellement limité à la conduite de véhicules dont le poids total autorisé en charge (PTAC) n’excède pas 3,5 tonnes. Or, le poids des batteries des véhicules utilitaires légers (VUL) électriques peut réduire leur charge utile d’au moins 200 kg par rapport à leurs équivalents thermiques, limitant ainsi leur intérêt pour certains professionnels, notamment les artisans du bâtiment. Une directive européenne prévoyant cette mesure a été votée en novembre 2025.

→ Que faisons-nous ? Nous adaptons notre cadre législatif en cohérence avec la directive.
→ Pour qui ? Tous les professionnels utilisant des VUL électriques pour leurs déplacements du quotidien
→ Quel objectif ? L’adaptation du cadre législatif est prévue au 1er janvier 2027.

MESURE 6 : Baisser le prix de la recharge électrique de 35 % avec une borne pilotable à la maison

Le coût de la recharge électrique est déjà 3 voire 4 fois moins élevé que le coût du carburant équivalent pour une recharge à domicile. Pour diminuer encore ce coût, le Gouvernement encourage l’installation de bornes de recharge pilotables, qui permettent de recharger les véhicules électriques au meilleur prix. Un soutien à l’installation d’une borne pilotable en maison individuelle sera mis en place à hauteur de 500 € à partir du 1er janvier 2027. Cette prime sera intégrée à celle des Certificats d’économies d’énergie (CEE) pour les véhicules électriques.
La borne pilotable est un véritable levier en faveur du pouvoir d’achat. Un conducteur type rechargeant avec un pilotage dynamique peut réduire son budget annuel de recharge de 420 € à 270 €, soit environ 150 € d’économies par an (- 35 %). Avec un pilotage bidirectionnel, c’est-à-dire si la batterie peut aussi être utilisée pour injecter de l’électricité sur le réseau lorsque les prix sont élevés, l’économie annuelle peut atteindre de 300 €.

→ Que faisons-nous ? Le Gouvernement met en place une aide à l’achat de borne de recharge pilotables
→ Quel gain de pouvoir d’achat ? Une subvention de 500 € sur l’achat de la borne de recharge pilotable, la borne elle-même permet de faire baisser le coût de la recharge d’environ 35 %.
→ Quand ? Les aides entreront en vigueur le 1er janvier 2027.

MESURE 7 : Opération transparence sur les prix de recharge

Alors que le prix à la pompe doit être affiché de manière claire et visible, le prix de la recharge de voiture électrique est parfois peu accessible ou difficile à anticiper. Même si le coût de la recharge reste très inférieur à un plein de carburant, les utilisateurs de véhicules électriques doivent avoir accès à des informations claires sur ce prix.

Afin d’accroître la transparence sur ces prix, le Gouvernement rendra obligatoire :
• L’affichage du prix de la recharge en €/kWh sur les bornes rapides (≥ 50kW), existantes et à venir ;
• L’affichage de la puissance instantanée délivrée par les bornes rapides (≥ 50kW). En effet, la puissance conditionne directement le temps de recharge nécessaire ;
• Une note de paiement pour toutes les bornes (qui pourra être électronique) spécifiant le détail du prix de la recharge (prix au kWh, durée d’occupation, etc.).
Ces dispositions feront l’objet d’un arrêté qui sera mis en consultation d’ici le 1er novembre 2026.

→ Pour qui ? L’ensemble des utilisateurs de véhicules électriques
→ Quand ? Mise en oeuvre prévue en avril 2027 pour la note de paiement et en novembre 2027 pour l’affichage du prix et de la puissance dans les stations existantes et dès avril 2027 pour les nouvelles stations.

MESURE 17 : 1 Milliard de prêts bonifiés « électrification » destiné aux TPE/PME qui s’électrifient, pour que l’emprunt ne soit plus un frein à la transition électrique

Face à la hausse des taux d’intérêts, investir dans l’électrification peut sembler de plus en plus difficile pour les artisans, TPE et PME alors même que cet investissement est rentable.
Ce coût d’emprunt, parfois rédhibitoire malgré les soutiens mis en place par ailleurs via les CEE, empêche ces petites entreprises d’engager le premier pas dans la transition. Pour les aider, le Gouvernement met en place une offre de prêts bonifiés « électrification », financée à hauteur de 100 M€ par un programme CEE, qui permettront de couvrir un volume de prêts de l’ordre de 1 Md€.
Les banques sélectionnées par l’Ademe pourront ainsi, à l’aide d’un programme CEE, proposer un taux de l’ordre de 1,5 %, contre des taux sur le marché qui atteignent aujourd’hui 3,7%. Pour un emprunt de 10 ans, cette baisse de taux réduit de plus de moitié le coût total des intérêts.

→ Que faisons-nous ? Un prêt bonifié d’une envergure inédite pour financer jusqu’à 20 000 équipement électriques (pompes à chaleur, véhicules légers ou utilitaires électriques, poids lourds, fours électriques, rôtisseries, cabines de peinture, etc.),
→ Pour qui ? Artisans, TPE et PME
→ Quel gain de compétitivité ? Une baisse de moitié du coût des intérêts pour le financement des projets
→ Quand ? L’Ademe ouvrira un appel à manifestation d’intérêt (AMI) le 1er décembre 2026, dans le but de sélectionner début 2027 les banques qui porteront le prêt « électrification », qui sera ouvert au 1er février 2027.

 

Nous vous invitons à consulter l’intégralité du dossier de presse du gouvernement présentant l’ensemble des mesures, en bas de page (rubrique « documents complémentaires »).