Dans un contexte marqué par des fuites de données et des campagnes d’hameçonnage, de nombreuses entreprises sont confrontées à la cybermalveillance : piratages de compte professionnel, fraudes au virement, usurpations d’identité, etc.
Les professionnels de l’automobile sont des cibles particulièrement recherchées car ils traitent des données personnelles sensibles (identité des clients, coordonnées bancaires, accès au SIV) et disposent rarement d’un service informatique dédié, ce qui les rends vulnérables aux cyberattaques.
Après avoir présenté de manière générale, la cybersécurité en entreprise, nous vous exposons dans cette note, l’une des cybermenaces à identifier et anticiper : la fraude au virement bancaire
Qu’est-ce qu’une fraude au virement bancaire ou au faux RIB ?
La fraude au faux ordre de virement (ou au faux RIB), est une escroquerie en ligne consistant à amener une victime à effectuer un virement bancaire vers un compte contrôlé par un fraudeur. Pour y parvenir, ce dernier usurpe l’identité d’un créancier de la victime et remplace les coordonnées bancaires légitimes par les siennes afin de détourner les fonds.
Schématiquement, un hackeur pirate une messagerie (il peut s’agir du compte mail du créancier avec lequel la victime est en relation ou bien de celui de la victime dont l’escroc aura pris le contrôle) et identifie une transaction imminente ou récurrente entre le créancier et la victime.
En usurpant l’identité du créancier, il va adresser un message à la victime, lui demandant de réaliser le paiement par virement. En général, l’escroc aura joint à son message une fausse facture avec un RIB falsifié contenant les coordonnées d’un compte bancaire qu’il détient (mais dont le nom est le même que le créancier) pour dérober le montant du virement.
◊ Soyez particulièrement attentif, si vous recevez un nouveau RIB par message accompagné d’un motif d’urgence (« Urgent paiement à finaliser sous 24H »). Le motif d’urgence est une stratégie utilisée par les fraudeurs pour faire naitre un stress chez la victime et empêcher toute vérification.
Comment s’en protéger ?
L’escroquerie peut être réalisée par téléphone ou en ligne, il faut donc se montrer extrêmement vigilant.
- Sensibilisez vos collaborateurs sur les cybermenaces pour qu’ils puissent apprendre à les identifier et réagir, notamment face à un message d’hameçonnage.
- N’ouvrez pas les messages, pièces jointes ou liens non sollicités ou douteux et ne téléchargez pas d’applications non vérifiées
- Si vous recevez un nouveau RIB par email ou par message (vous devez payer une facture par exemple) : avant tout virement vers un nouveau compte bancaire, contactez votre créancier au numéro de téléphone habituel (issu de vos échanges antérieurs et JAMAIS celui indiqué dans le message contenant le RIB) pour confirmer verbalement l’IBAN avant de valider le paiement
- Si vous transmettez votre propre RIB (vous êtes bénéficiaire d’un paiement) à un client ou un partenaire : appelez-le à son numéro de téléphone habituel pour lui confirmer que l’IBAN reçu est bien le bon, avant qu’il n’exécute le virement. Cela permet de détecter une éventuelle interception ou modification du RIB entre l’envoi et la réception
- Mettez en place une procédure interne à plusieurs niveaux ou une double validation hiérarchique avant la validation de toutes demandes de virement imprévues, dépassant un certain plafond ou impliquant un nouveau bénéficiaire
- Utilisez des mots de passe robustes pour vos comptes
Que faire en cas d’escroquerie ?
- Identifiez les virements frauduleux
- Alertez votre banque immédiatement et demandez un retour des fonds (procédure de recall)
- Déposez plainte au commissariat de police ou à la gendarmerie dont vous dépendez en fournissant toutes les preuves en votre possession
- Signalez le contenu frauduleux : internet-signalement.gouv.fr
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Conservez toutes les preuves : emails, RIB frauduleux, échanges, ordre de virement, accusés de réception. Ces éléments seront nécessaires pour la banque, la plainte et une éventuelle procédure d’assurance
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Prévenez votre assurance sans délai : vérifiez si votre contrat professionnel (ou une assurance cybercriminalité) couvre ce type de préjudice, et déclarez le sinistre dans les délais prévus
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Alertez en interne et éventuellement votre expert-comptable ou commissaire aux comptes
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Vérifiez l’étendue de la fraude : si l’email a pu être intercepté ou usurpé, changez immédiatement les mots de passe d’accès à votre messagerie, vérifiez les données de récupération de compte et faites contrôler votre système par un prestataire : par exemple un professionnel labellisé MonExpertCyber
- Prévenez le client ou fournisseur impliqué (RIB usurpé, email piraté) pour qu’il puisse alerter ses propres contacts et éviter une propagation de la fraude
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Pour aller plus loin :
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