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Mise en garde contre les registres, annuaires et sites de référencement professionnels

Les professionnels sont souvent la cible de pratiques commerciales douteuses par des sites se présentant sous forme d’annuaires, de registres, etc. Ces prestataires se présentent comme étant spécialisés dans le référencement sur internet. 

 

Nous vous invitons à la plus grande vigilance. Certains d’entre eux usent d’artifices pour vous laisser croire qu’il s’agit :

  • d’un formulaire officiel

ou

  • d’une simple actualisation de vos données sur un site officiel.

 

En masquant qu’il s’agit en réalité d’une proposition commerciale au coût parfois exorbitant !

Conseils FNA

  • Ne pas signer de contrat, ou donner suite à ces sollicitations si vous ne connaissez pas l’expéditeur !
  • Lisez bien les informations contenues sur ces documents (courriers, conditions générales de ventes, devis, prospectus …) :
    • En réalité, il s’agit d’une commande d’insertion de vos données sur un site de référencement et non d’un formulaire,
    • La durée d’engagement irrévocable peut aller de 3 à 5 ans,
    • Le coût est exorbitant, payable à l’avance,
    • Le service rendu est souvent limité …

Position de la DGCCRF

La DGCCRF se positionne sur les pratiques et donne les conseils suivants aux professionnels :

 

Des pratiques commerciales lourdement sanctionnées en France grâce à l’action de la DGCCRF

Le professionnel lésé peut s’adresser à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) ou à la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de son département de résidence.

Si les faits sont établis, lorsque la société a son siège en France (certains sites sont notamment situés dans d’autres Etats membres), l’administration peut transmettre au procureur de la République un procès-verbal pour « pratique commerciale trompeuse ». Le responsable de ces pratiques encourt alors jusqu’à deux ans d’emprisonnement et une amende de 300 000 €.

 Si la qualification de « pratique commerciale trompeuse » est l’outil privilégié de lutte contre la fraude aux annuaires professionnels, d’autres instruments juridiques peuvent être déclenchés, selon les cas : tromperie sur la nature du service ou sur les qualités substantielles ; contrefaçon de marque en cas d’utilisation de logos proches ou similaires de marques existantes ; manquements aux règles de facturation, etc. Pour les sociétés françaises, l’enquête conduit quasi systématiquement à la rédaction de procédures contentieuses pénales ou civiles.

Les procédures pénales permettent aux victimes de se porter partie civile au procès et d’espérer récupérer les sommes investies.

Outre des peines d’amende, des peines de prison fermes et des interdictions de gérer sont parfois prononcées à l’encontre des responsables.

Pour  les sociétés envoyant des offres ressemblant à des documents administratifs, outre les suites pénales  évoquées, les directeurs des services d’enquête de la DGCCRF ont la  faculté d’assigner les sociétés en référé devant le juge civil en vue d’obtenir la cessation de la pratique, sous astreinte financière en cas de non-respect .

Le liste des DDPP se trouve sous ce lien : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/coordonnees-des-DDPP-et-DDETSPP

Il est donc possible de saisir la DDPP en leur adressant le dossier, les échanges, relances, etc …

 

Nous vous invitons à consulter ces liens vers le site de la DGCCRF:

Annuaires professionnels, une arnaque qui perdure

Les annuaires professionnels : attention ne vous laissez pas abuser

 

Encore une fois, ne signez rien dans l’entreprise vous engageant. Prenez le temps de tout vérifier !

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Délais de paiement entre entreprises et intérêts de retard

Dans les relations contractuelles entre professionnels, il est obligatoire de mentionner sur les factures les informations concernant les délais de paiement et les pénalités de retard.

L’article L. 441-10 du Code de commerce dispose (applicable uniquement entre professionnels) :

Sauf dispositions contraires figurant aux conditions de vente ou convenues entre les parties, le délai de règlement des sommes dues ne peut dépasser trente jours après la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation demandée.

Le délai convenu entre les parties pour régler les sommes dues ne peut dépasser soixante jours après la date d’émission de la facture.

Par dérogation, un délai maximal de quarante-cinq jours fin de mois après la date d’émission de la facture peut être convenu entre les parties, sous réserve que ce délai soit expressément stipulé par contrat et qu’il ne constitue pas un abus manifeste à l’égard du créancier.

En cas de facture périodique au sens du 3 du I de l’article 289 du code général des impôts, le délai convenu entre les parties ne peut dépasser quarante-cinq jours après la date d’émission de la facture.

Le code de commerce prévoit des délais de paiement impératifs pour certains secteurs. Ainsi, pour le transport routier de marchandises et la location de véhicules avec ou sans conducteur, les délais de paiement convenus ne peuvent en aucun cas dépasser 30 jours à compter de la date d’émission de la facture.

Les CGV sont librement rédigées par le fournisseur en fonction de sa politique et du marché concurrentiel. Par contre, la négociabilité des CGV est libre.

Un client et un fournisseur peuvent donc négocier un allongement des délais (supérieurs à celui des CGV mais dans la limite de la loi). Il peut exister, au titre de l’équilibre, une compensation à la charge du client.

Sanction du non-respect des délais 

Les intérêts de retard 

Les conditions de règlement doivent obligatoirement préciser les conditions d’application et le taux d’intérêt des pénalités de retard exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture dans le cas où les sommes dues sont réglées après cette date, ainsi que le montant de l’indemnité forfaitaire de recouvrement.

Formule de calcul des pénalités de retard

Intérêt de retard = montant impayé X taux d’intérêt X nombre de jours de retard / 365

► Le taux des pénalités exigibles le jour suivant la date de règlement inscrite sur la facture : 

  • Si vous insérez une clause sur les pénalités de retard dans votre contrat : le taux ne pourra être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal, 
  • Si vous ne prévoyez rien dans votre contrat: le taux ne pourra être inférieur au taux d’intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage. 

Les pénalités de retard sont exigibles sans qu’un rappel soit nécessaire.

En 2024, le taux d’intérêt légal est de 5,07 % (1er semestre). 

Le taux d’intérêt « appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente » n’est pas toujours aisé à connaître, car il varie plusieurs fois dans l’année. Depuis septembre 2023, il est de 4,5 %.

Petit exercice d’application pour déterminer le taux d’intérêt des pénalités de retard. 

Vous souhaitez établir un contrat avec un partenaire. 

Question: si vous ne prévoyez aucune clause dans votre contrat, quel sera le taux d’intérêt applicable à vos intérêts de retard ? 

⇒ Réponse : 14,5 %. Le taux d’intérêt appliqué par la BCE doit être augmenté de 10 points : 4,5 + 10 = 14,5 %.

 

Question : si vous prévoyez une clause, quel sera le taux d’intérêt en dessous duquel vous ne pourrez pas descendre ?

⇒ Réponse : 15,21 %. Le taux ne peut être inférieur à 3 fois le taux d’intérêt légal : 5,07 % x 3 = 15,21 %.

Le montant de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement due au créancier en cas de retard de paiement.

Le Code de commerce prévoit une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement en cas de retard de paiement de 40 €. 

Tout professionnel en situation de retard de paiement sera de plein droit débiteur de cette indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (attention vous ne pouvez en aucun cas appliquer cette pénalité de retard à un consommateur en retard de paiement).

Cette indemnité forfaitaire devra figurer dans les conditions de règlement et sur la facture, au même titre que les conditions d’application et le taux d’intérêt des pénalités de retard exigible le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture.

Les amendes administratives

Non-respect des délais, dépassement des délais plafond et mauvaise computation des délais

Sont passibles d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 75 000 € pour une personne physique et 2 M€ pour une personne morale, les faits suivants :

  • Ne pas respecter les plafonds légaux des délais de paiement (conventionnels, supplétifs, spécifiques à certains secteurs d’activité ou produits) ;
  • Ne pas indiquer les conditions d’application et les taux d’intérêt des pénalités de retard ;
  • Fixer un taux ou des conditions d’exigibilité des pénalités de retard non conformes ;
  • Ne pas respecter les modalités de computation des délais de paiement convenus entre les parties ;
  • La clause ou la pratique qui retarde de manière abusive le point de départ des délais de paiement.

Ce montant est porté à 150 000 € pour une personne physique et à 4 M€ maximum pour une personne morale en cas de récidive dans un délai de 2 ans à compter de la date à laquelle la première décision de sanction est devenue définitive.

Les mentions obligatoires sur les factures

Cette note a pour objectif de vous présenter les mentions obligatoires générales devant figurer sur vos factures. 

Pour rappel, la facturation des produits et des services vendus est obligatoire dans le cadre des activités professionnelles. Pour les ventes aux consommateurs, la délivrance d’une note est obligatoire pour les prestations de service supérieures ou égales à 25€ (TVA comprise). Pour les montants inférieurs, elle n’est obligatoire que sur demande du client

Attention : à compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront obligatoirement passer à la facturation électronique. Plus d’information en cliquant sur ce lien : Note FNA Présentation générale de la facturation électronique obligatoire entre entreprises à compter de 2026

Mentions obligatoires générales

Tout achat de produits ou toute prestation de service pour une activité professionnelle fait l’objet d’une facturation en français et en deux exemplaires. Le vendeur doit délivrer une facture dès la réalisation de la livraison ou de la prestation de service. L’acheteur est tenu de la réclamer.

Liste des mentions obligatoires : 

A compter du 1er juillet 2024, des mentions supplémentaires seront obligatoires en raison du passage à la facturation électronique :

– le SIREN du client,
– la catégorie de l’opération (livraison de biens, prestation de service ou double (à la fois une livraison et une prestation, indépendantes l’une de l’autre),
– l’option de paiement de la TVA sur les débits, le cas échéant,
– l’adresse de livraison des biens, si elle est différente de l’adresse de facturation

  • Numérotation de la facture (à faire figurer sur toutes les pages)
  • Numéro individuel d’identification à la TVA (seulement si redevable à la TVA). Exception : factures inférieures ou égales à 150 € HT
  • Le nom complet et l’adresse des parties (vendeur et client) 
  • La date à laquelle la facture est établie 
  • La date de la vente ou de la prestation de services
  • La date à laquelle le règlement doit intervenir
  • Les conditions d’escompte applicables en cas de paiement à une date antérieure à celle définie dans les Conditions Générales de Ventes (CGV),
  • La quantité, la dénomination précise, et le prix unitaire hors TVA des produits vendus et des services rendus,
  • Toute réduction de prix acquise à la date de la vente ou de la prestation de service et directement liée à cette opération de vente ou de prestation de service
  • Majoration éventuelle de prix (transport, emballage, …)
  • Taux de TVA légalement applicable et le montant total de la TVA correspondant
  • Le taux des pénalités de retard exigibles en cas de non-paiement à la date de règlement (exigible sans qu’un rappel soit nécessaire)
  • Le montant de l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement due au créancier en cas de retard de paiement.
  • Somme totale à payer hors taxe (HT) et toutes taxes comprises (TTC)

Deux nouvelles mentions doivent obligatoirement figurer pour les factures émises à compter du 1er octobre 2019 :

  • adresse de facturation de l’acheteur et du vendeur si celle-ci est différente de leur adresse,
  • numéro de bon de commande s’il a été préalablement établi par l’acheteur.

Des sanctions sont prévues lorsque l’entreprise ne respecte pas l’ensemble de ces mentions obligatoires : amende administrative pouvant aller jusqu’à 75.000 € pour une personne physique et 375.000 € pour une personne morale.  Ces amendes peuvent être portées respectivement à 150.000 € et 750.000 € en cas de réitération du manquement dans un délai de 2 ans.

Mentions obligatoires particulières

Liste des mentions particulières possibles, selon les cas :

« Membre d’une association agréée, le règlement par chèque et carte bancaire est accepté » : si l’entreprise vendeur est membre d’un centre de gestion ou d’une association agréée.

« TVA non applicable, art. 293 B du CGI » : Si l’entreprise vendeur bénéficie de la franchise en base de TVA (auto-entrepreneur par exemple), la facture est en hors taxe.

 « Régime particulier – Bien d’occasion » : si application du régime de la TVA sur la marge. 

Kilométrage figurant au compteur : lors de toute intervention mécanique ou de tôlerie.

L’assurance professionnelle obligatoire: mention des coordonnées de l’assureur ou du garant, et de la couverture géographique du contrat ou de la garantie (voir ci-dessous).

Précision : depuis 2014 (loi Pinel), toute personne immatriculée au répertoire des métiers doit mentionner sur chacun de ses devis et chacune de ses factures l’assurance professionnelle lorsqu’elle est obligatoire pour l’exercice de son activité.

Qui est concerné ? Professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle technique de l’automobile, vous avez une obligation d’assurance responsabilité civile du fait des dommages causés aux tiers par les véhicules qui vous sont confiés.

Vous devez donc mentionner sur vos devis et factures:

– L’assurance professionnelle obligatoire souscrite, 

– Les coordonnées de votre assureur ou du garant, 

– La couverture géographique du contrat ou de leur garantie 

Exemple de mention:

« Assurance professionnelle : responsabilité civile professionnelle automobile souscrite auprès de (nom et adresse de l’assureur) – Couverture géographique : prestations réalisées en France métropolitaine ».

Les mentions obligatoires sur les papiers d’affaire

Attention, vous devez être vigilant sur votre identification. Cet article précise les mentions à faire figurer sur vos papiers d’affaires dont les factures : 

Toute personne immatriculée indique sur ses factures, notes de commande, tarifs et documents publicitaires ainsi que sur toutes correspondances et tous récépissés concernant son activité et signés par elle ou en son nom :

1° Le numéro unique d’identification de l’entreprise; 

2° La mention RCS suivie du nom de la ville où se trouve le greffe où elle est immatriculée ; 

3° Le lieu de son siège social ; 

4° Le cas échéant, qu’elle est en état de liquidation ; 

5° Si elle est une société commerciale dont le siège est à l’étranger, outre les renseignements mentionnés aux 3° et 4°, sa dénomination, sa forme juridique et le numéro d’immatriculation dans l’Etat où elle a son siège, s’il en existe un ; 

6° Le cas échéant, la qualité de locataire-gérant ou de gérant-mandataire ; 

7° Si elle est bénéficiaire d’un contrat d’appui au projet d’entreprise pour la création ou la reprise d’une activité économique au sens du chapitre VII du titre II du livre Ier du code de commerce, la dénomination sociale de la personne morale responsable de l’appui, le lieu de son siège social, ainsi que son numéro unique d’identification ; 

8° Si elle a constitué un patrimoine affecté en application de l’article L. 526-6, l’objet de l’activité professionnelle à laquelle le patrimoine est affecté et la dénomination utilisée pour l’exercice de l’activité professionnelle incorporant son nom ou nom d’usage précédé ou suivi immédiatement des mots :  » entrepreneur individuel à responsabilité limitée  » ou des initiales :  » EIRL « . 

9° Si elle est un entrepreneur individuel, la dénomination utilisée pour l’exercice de l’activité professionnelle incorporant son nom ou nom d’usage précédé ou suivi immédiatement des mots : “ entrepreneur individuel ” ou des initiales : “ EI ”.

Toute personne immatriculée indique en outre sur son site internet la mention RCS suivie du nom de la ville où se trouve le greffe où elle est immatriculée, ainsi que des renseignements mentionnés aux 1°,3°,5° ,8° et 9°. 

Toute contravention aux dispositions des alinéas précédents est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe.

Mentions sur la forme de votre société

Les actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers, notamment les lettres, factures, annonces et publications diverses, indiquent la dénomination sociale, précédée ou suivie immédiatement et lisiblement :

1° Pour les sociétés en nom collectif, des mots  » société en nom collectif  » ou des initiales  » SNC  » ;

2° Pour les sociétés en commandite simple, des mots  » société en commandite simple  » ou des initiales  » SCS  » ;

3° Pour les sociétés à responsabilité limitée, des mots  » société à responsabilité limitée  » ou des initiales  » SARL  » et de l’énonciation du montant du capital social ;

4° Pour les sociétés par action :

a) Selon le cas, des mots :

–  » société anonyme  » ou des initiales  » SA « . En outre, si la société anonyme est dotée d’un directoire et d’un conseil de surveillance, la forme sociale est indiquée par les mots :  » société anonyme à directoire et conseil de surveillance  » ;

–  » société par actions simplifiées  » ou des initiales  » SAS  » ;

–  » société en commandite par action  » ou des initiales  » SCA  » ;

–  » société européenne  » ou des initiales  » SE  » ;

b) De l’énonciation du montant du capital social qui peut être arrondi à la valeur entière inférieure. Dans le cas d’augmentation de capital résultant de l’exercice, pouvant avoir lieu à tout moment, des droits attachés à des valeurs mobilières donnant accès au capital, de levées d’option de souscription d’actions possibles à tout moment ou du paiement de dividende en actions, et sauf si l’augmentation du capital dépasse 10 % de son montant antérieur, la société n’est tenue de mentionner le nouveau montant du capital dans les actes et documents énumérés ci-dessus qu’à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la constatation de l’augmentation.

Pour les entrepreneurs individuels, la mention « Entreprise Individuelle » ou « EI » devant ou après son nom (ou nom d’usage) et prénom

Mention sur les délais de paiement 

La législation sur les délais de paiement entre professionnels évolue fréquemment. Il est vivement recommandé de faire un point régulier sur les documents professionnels que vous remettez à vos clients. 

A lire sur notre site, la note  « Délais de paiement entre entreprises et indemnités de retard ».

Concernant les mentions obligatoires à faire figurer sur vos factures : 

 

Le taux des pénalités exigibles le jour suivant la date de règlement inscrite sur la facture (uniquement pour les facturations aux professionnels) : 

  • Si vous insérez une clause sur les pénalités de retard dans votre contrat : le taux ne pourra être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal ; 
  • Si vous ne prévoyez rien dans votre contrat: le taux ne pourra être inférieur au taux d’intérêt appliqué par la Banque centrale Européenne (BCE) à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage. 

Les pénalités de retard sont exigibles sans qu’un rappel soit nécessaire.

En 2024, le taux d’intérêt légal est de 5,07 % (1er semestre) dans les relations B to B

Le taux d’intérêt « appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente » n’est pas toujours aisé à connaître, car il varie plusieurs fois dans l’année. Depuis septembre 2023, il est de 4,5 %.

Petit exercice d’application pour déterminer le taux d’intérêt des pénalités de retard. 

Vous souhaitez établir un contrat avec un partenaire. 

Question: si vous ne prévoyez aucune clause dans votre contrat, quel sera le taux d’intérêt applicable à vos intérêts de retard ? 

⇒ Réponse : 14,5 %. Le taux d’intérêt appliqué par la BCE doit être augmenté de 10 points : 4,5 + 10 = 14,5 %.

 

Question : si vous prévoyez une clause, quel sera le taux d’intérêt en dessous duquel vous ne pourrez pas descendre ?

⇒ Réponse : 15,21 %. Le taux ne peut être inférieur à 3 fois le taux d’intérêt légal : 5,07 % x 3 = 15,21 %.

 

Formule de calcul des pénalités de retard

Intérêt de retard = montant impayé X taux d’intérêt X nombre de jours de retard / 365.

Le montant de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement due au créancier en cas de retard de paiement (uniquement pour les facturations aux professionnels) .

Le code de commerce prévoit une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement en cas de retard de paiement de 40 €. Tout professionnel en situation de retard de paiement sera de plein droit débiteur de cette indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.

Cette indemnité forfaitaire devra figurer dans les conditions de règlement et sur la facture, au même titre que les conditions d’application et le taux d’intérêt des pénalités de retard exigible le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture.

Transfert d’assurance dans le cadre du véhicule de remplacement

Lorsqu’un véhicule est confié à un professionnel de l’automobile (réparateur, carrossier …) il est fréquent qu’un véhicule de remplacement, dit également de courtoisie, soit mis à la disposition du client, soit à titre onéreux, soit à titre gratuit.

Le contrat de prêt, visant le véhicule de remplacement, pose indiscutablement une problématique d’assurance : quelle est l’assurance qui garantira les dommages subis par le véhicule de prêt, suite à un accident ? Ou, le cas échéant, ceux dont le véhicule de prêt serait à l’origine ?

Le principe à retenir

Il est vivement conseillé au professionnel de faire signer au client un document qui consigne les conditions générales et spécifiques dans lesquelles le véhicule est prêté (notons d’ailleurs qu’il est indispensable de relever les références du permis de conduire du client afin pour le cas ou ce dernier commettrait un excès de vitesse ou tout autre contravention ou délit routier avec le véhicule de prêt).

Bien souvent, le contrat de prêt prévoit que le contrat d’assurance du client doit être transféré sur le véhicule remplacé. Dès lors, le client doit contacter, sans délai, son assureur pour rendre effective sa « couverture risque », liée au véhicule qui lui est ainsi prêté. Dans ce cadre, les conditions issues de la garantie du contrat assurant le véhicule du client sont transférées au véhicule de remplacement.

Aussi, lorsqu’un dommage survient, c’est l’assurance du client qui couvre les risques en résultant.

Attention : il arrive que tous les risques ne soient pas couverts, car cela dépend de l’étendue de la garantie de l’assuré. De cette situation est né un litige. Et c’est par un arrêt du 11 mars 2010 que la Cour de  cassation a eu à trancher un litige posé par le transfert de garantie. 

Jurisprudence

En effet, un garagiste prête un véhicule de remplacement à un client qui lui a confié sa voiture aux fins de réparation. L’assurance du client est transférée sur le véhicule de remplacement. Le client a un accident avec le véhicule, suite à une perte de contrôle qui lui est imputable. Cependant, l’assurance du conducteur ne couvrait pas tous les dommages, dont ceux causés aux tiers. Le client est tout d’abord condamné par le TGI (Tribunal de grande instance) à supporter la remise en état du véhicule à ses frais.

Dans ce cadre, il a fait appel de la décision, la Cour d’appel lui donne raison et condamne le garagiste, en arguant le fait qu’il lui appartenait :

1 : d’informer exactement et précisément le client des conséquences d’un accident causant par sa faute un dommage au véhicule prêté et ;

2 : d’informer sur le fait que la police souscrite par le client ne garantissait que les dommages causés aux tiers, et donc de l’intérêt de souscrire des garanties complémentaires pouvant s’appliquer en cas de dommage causé au véhicule prêté.

La Cour de cassation saisie par le pourvoi du garagiste a eu à se prononcer sur l’étendue du devoir d’information de celui-ci à l’égard de son client.

On peut se demander, s’il incombe réellement au garagiste de supporter une telle obligation d’information ?

En effet, est-il du devoir d’un professionnel, d’informer son client des conséquences d’un contrat, dont il est tiers et n’a par conséquent aucune connaissance ?

⇒ La Cour de cassation considère qu’en cas de transfert par le client de son propre contrat d’assurance sur le véhicule prêté, le garagiste n’est tenu d’aucun devoir d’information concernant l’étendue des garanties relatives à un contrat auquel il est tiers.

Ainsi, cette obligation appartient à l’assureur qui doit informer son client de l’étendue et des limites des garanties souscrites, ainsi que de leurs conséquences.

En définitive, les juges de la Cour d’appel ne pouvaient pas reporter cette obligation sur le garagiste, dans la mesure où il était tout à fait extérieur au contrat liant le client et son assureur. Et que n’ayant aucune connaissance des garanties souscrites, il ne pouvait mettre en garde des risques pouvant résulter d’une telle situation.

Attention : le transfert de garantie n’exclut pas pour le réparateur la souscription de garanties « dommages » pour les véhicules qui lui appartiennent ou dont il est détenteur.

Les modalités du transfert d’assurance 

Il appartient à votre client de contacter sa compagnie d’assurance afin de connaitre les conditions du transfert de sa propre assurance sur le véhicule prêté. En cas d’accord, ce transfert fera l’objet d’un avenant au contrat d’assurance du client, dans lequel seront précisées les modalités du transfert temporaire des garanties.

N’hésitez pas à solliciter de votre client les éléments compris dans cet avenant, notamment les dates de début et de fin de couverture de l’assurance temporaire, ainsi que les garanties et options de couverture.

 

Il peut arriver que l’assurance du client refuse de procéder au transfert. Que faire dans ce cas ?

Le professionnel ne peut pas imposer à l’assureur du client de transférer l’assurance sur le véhicule prêté. En effet, le réparateur est un tiers à la relation entre son client et la compagnie d’assurance du client. Le client peut éventuellement se reporter aux CGV de son contrat d’assurance afin de vérifier s’il y a une possibilité ou une exclusion de transfert d’assurance (ce qui peut arriver), et le cas échéant quelles en sont les conditions.

 

Quelle attitude adopter dans le cas d’un refus de transfert d’assurance ?

Dans ce cas, le professionnel peut refuser de prêter un véhicule de remplacement, au risque de perdre un client. Attention, car si le professionnel est agréé, un refus de prêt de véhicule contreviendrait aux conditions prévues dans son contrat d’agrément.

Autre alternative : prêter le véhicule assuré par le garage lui-même, mais uniquement sous certaines conditions :

Prendre contact au préalable avec l’assurance du garage pour connaître les conditions de mise à disposition du véhicule au client. Il est indispensable que l’assurance du garage couvre le prêt du véhicule.

Vérifier les mentions figurant sur les Conditions Générales de prêt du véhicule (contrat signé entre le garage et le client pour le prêt du véhicule). Il est généralement prévu que le client doit transférer son assurance « tous risques » sur le véhicule prêté. Si cela n’est pas possible, il est nécessaire de prévoir une mention « conditions particulières de prêt » sur le contrat de prêt de véhicule prévoyant le cas de la franchise, ou des dommages non couverts par l’assurance du garage (au recto du contrat).

⇒ Cette mention pourra être ainsi rédigée: « Conditions particulières de prêt : en raison du refus du transfert de l’assurance du client sur le véhicule prêté, celui-ci sera couvert par l’assurance du garage  pendant la durée du prêt consenti à M. X. qui accepte, en cas de sinistre, de prendre à sa charge toute somme non prise en charge par l’assureur (franchise, vétusté, …)».

 

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Les adhérents FNA en « Formule Platinium » ont accès des contrats de prêt journalier de véhicule de remplacement, avec au dos l’ensemble des conditions générales à jour en se connectant sur E-Doc (inclus dans cette formule d’adhésion).

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Le véhicule de remplacement (prêt de véhicule)

Le prêt d’un véhicule par un réparateur à son client dans l’attente de la réparation du véhicule de ce dernier est de plus en plus répandu. L’exigence des assureurs et des constructeurs et la volonté de satisfaire le besoin de mobilité du client expliquent le développement de ce service. La mise à disposition d’un véhicule de remplacement doit néanmoins être effectuée dans un cadre juridique précis.

Le véhicule de prêt doit être immatriculé au nom de l’entreprise et comptabilisé en immobilisation. Attention : les véhicules destinés à la vente (figurant aux stocks et/ou en « déclaration d’achat ») ne peuvent pas être utilisés comme véhicules de prêt. Ces véhicules ne peuvent être mis en circulation que dans des cas précis et sous couvert d’une carte et de plaques d’immatriculation « W garage ».

Quant aux véhicules de démonstration, le fait de les prêter à un client éventuel pour un ou plusieurs jours en vue d’un essai rend exigible l’immatriculation. Néanmoins, le prêt pour essai à des directeurs de journaux ou journalistes spécialisés dans les questions automobiles est admis pour une durée de 10 jours maximum.

Il est également possible de prêter pour essai un véhicule utilitaire n’excédant pas 3,5 tonnes à un client éventuel pour un maximum de 10 jours. Dans cette hypothèse, le prêt est effectué dans l’optique d’une vente et non dans le cadre d’une réparation. Le négociant doit par ailleurs établir une attestation datée et signée de mise à disposition de véhicule à l’essai, désignant le bénéficiaire du prêt, seul habilité à conduire le véhicule, et la qualité de celui-ci. Cette attestation devra être présentée aux services de contrôle éventuels.

Signature d’un contrat

Dans le cadre du prêt d’un véhicule de remplacement, il est indispensable de signer avec le client non seulement un ordre de réparation, mais également un contrat de prêt de véhicule. Ce dernier contrat doit notamment comporter un état du véhicule, mentionner le kilométrage au départ de l’entreprise et à son retour et indiquer, le cas échéant, le transfert de l’assurance automobile du client sur le véhicule ainsi mis à sa disposition. Pour ce dernier point, il importe de s’assurer que le transfert a bien été effectué.

Depuis le 1er janvier 2017, lorsqu’une infraction routière, constatée par un appareil de contrôle automatique, est commise avec un véhicule dont la carte grise est établie au nom d’une personne morale, le chef d’entreprise doit communiquer aux autorités, dans les 45 jours suivant l’envoi ou la remise de la contravention, les coordonnées du conducteur du véhicule. Si, pendant la durée du prêt, le conducteur est contrôlé par radar et est verbalisé, la contravention sera adressée au siège de l’entreprise. Il faudra alors communiquer l’identité et l’adresse du conducteur, ainsi que la référence de son permis de conduire. Le défaut de dénonciation du conducteur du véhicule est sanctionné par une amende forfaitaire de 675,00 € adressée à l’entreprise.

Retrouvez sous ce lien la note FNA sur l’obligation de dénonciation du conducteur.

Il est donc indispensable, en cas de prêt de véhicule, de prendre une photocopie ou les références complètes du permis de conduire du conducteur. Dans l’idéal, il est conseillé de tenir un registre permettant de répertorier les informations relatives aux prêts de véhicules (date et heure de départ et de retour du véhicule, coordonnées du client, n° de permis de conduire, ect …). Il sera ainsi plus facile de retrouver l’identité du conducteur du véhicule prêté.

Récupération de la TVA

La TVA grevant le prix d’achat du véhicule n’est pas récupérable s’il s’agit d’une voiture particulière. Elle peut, en revanche, être récupérée dans le cas d’un véhicule utilitaire. S’agissant des dérivés VP, l’administration reconnaît la déductibilité de la TVA.

Assujettissement à la taxe annuelle sur les véhicules de tourisme (ex- TVS)

Le véhicule de prêt est exonéré de la taxe annuelle sur les véhicules de tourisme dès lors qu’il est uniquement affecté à des prêts de courte durée à la clientèle et que cette opération correspond à l’activité normale de la société. La preuve de cette affectation exclusive est faite au moyen de la signature systématique d’un ordre de réparation et d’un contrat de prêt avec les différents clients.

 

**************************

 

La FNA propose, par l’intermédiaire de sa société d’outils techniques Centarauto, l’accès à une plateforme dénommée E-doc sur laquelle vous pourrez, sur abonnement annuel, télécharger et remplir en ligne notamment des contrats de prêt journalier de véhicules avec CGV au dos du contrat :  www.e-doc-fna.fr (veuillez cliquer sur l’onglet « abonnement » en haut de la page)

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Frais de gardiennage

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Transfert d’assurance dans le cadre du véhicule de remplacement

L’injonction de payer européenne

L’injonction de payer

Recouvrement amiable des petites créances par Commissaire de justice

Droit de rétention

Le Chèque sans provision

Etendue de l’obligation de résultat du réparateur

Vente sur Internet aux consommateurs

Responsabilité du fait des produits défectueux

Bloctel et l’encadrement du démarchage téléphonique

Synthèse des différentes garanties appliquées au secteur automobile

Garantie légale de conformité

Garantie commerciale

Seuil du paiement en espèces

Obligation de délivrance conforme

Livraison et transfert de risque

Délivrance obligatoire d’une note à partir de 25 €

Arrhes, acompte et avoir

Délai de réflexion, de rétractation ou de retour

Mentions obligatoires sur les bons de commande de véhicule et les documents commerciaux

Les délais pour agir en justice

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Informations à communiquer avant la signature d’un contrat

Information du consommateur sur la disponibilité des pièces détachées

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L’injonction de payer européenne

L’injonction de payer européenne (IPE) est un outil très utile pour les PME. Elle permet de récupérer des sommes qui vous sont dues par un partenaire établi dans l’Union Européenne (entre entreprises et/ ou particuliers européens). 

Cette procédure est uniformément applicable dans les différents Etats membres. Elle ne se substitue pas aux procédures nationales existantes. Le but de cet outil est de réduire les coûts de procédure dans les litiges transfrontaliers.

L’injonction de payer européenne s’applique :

– En matière civile et commerciale.

– Dans un litige transfrontalier, c’est-à-dire les litiges dans lesquels au moins une des parties a son domicile ou sa résidence habituelle dans un État autre que l’État de la juridiction saisie.

– La créance dont le paiement est réclamé doit être de nature pécuniaire, liquide et exigible au moment de la demande.

La présence d’un avocat n’est pas obligatoire :

    – Ni pour le demandeur qui introduit l’IPE,

    – Ni pour le défendeur qui formule une opposition à l’IPE.

Les frais de justice : 

Ils ne doivent pas excéder les frais normalement engagés dans une procédure civile ordinaire. Les frais de justice relèvent de la compétence de chaque Etat membre.

Les règles procédurales :

Vous devez vous reporter en France, au code de procédure civile. Pour les autres Etats Membres, nous vous invitons à consulter le portail de l’e-justice européen : https://e-justice.europa.eu

 

PROCEDURE :

La juridiction compétente est celle du lieu du domicile du défendeur. Des règles spécifiques s’appliquent en fonction du caractère professionnel ou non du créancier ainsi que de la créance issue de l’application du contrat.

Les Etats membres ont été invités à communiquer à la Commission Européenne, le nom des juridictions compétentes pour statuer sur les injonctions de payer européenne.

  • Pour la France : Tribunal d’Instance et le Président du Tribunal de Commerce
  • Pour les autres Etats Membres : http://ec.europa.eu

Le demandeur doit présenter sa demande au moyen du formulaire A

  • Transmission de votre demande :

En France, l’injonction de payer européenne peut être transmise à la juridiction par voie postale ou directement au greffe. Vous pouvez également procéder à un dépôt par voie électronique par l’intermédiaire d’un huissier de justice. Cette procédure est appelée IP WEB.

Pour les autres Etats membres, vous retrouverez sur le site http://ec.europa.eu, les modes de transmission des injonctions de payer européenne acceptés par le droit national de l’Etat en question.

  • Examen de votre demande par le tribunal :

Le juge se prononce à partir d’un descriptif des éléments de preuve fourni par le demandeur. 

La juridiction saisie examine la requête et si le formulaire est dûment rempli. En cas de réponse positive, elle délivre l’injonction de payer européenne dans un délai de 30 jours à compter de l’instruction de la demande.

En cas d’information manquante, la juridiction devra demander des compléments d’information, dans un délai approprié ou accepter de rendre une injonction partielle.

En cas de réponse négative, le rejet devra être motivé. Aucun recours n’est possible.

  • Comment mon débiteur sera informé de la délivrance d’une IPE à son encontre ?

L’IPE peut être notifiée ou signifiée au défendeur selon les règles nationales de chaque Etat.

En France, l’IPE devra être signifiée par acte d’huissier de Justice, par le demandeur comme pour une IP classique. En cas de transmission transfrontalière, l’huissier de justice vous factura des frais supplémentaires.

RECOURS :

Le défendeur a 30 jours après la notification pour former opposition.  Dans ce cas, le litige est examiné par la juridiction compétente selon le droit national.

Pour former opposition, le défendeur peut utiliser le formulaire type (formulaire F) qui lui est transmis avec l’injonction de payer.

EXECUTION : 

A défaut d’opposition, l’ordonnance d’injonction de payer devient exécutoire. Celle-ci possède alors valeur de jugement.

Après avoir été déclarée exécutoire, l’ordonnance d’injonction de payer européenne peut être exécutée directement dans tout État de l’Union européenne, sans aucune procédure de reconnaissance préalable.

 

 Article 1424-8 du code de procédure civile, dispose que « l’opposition est portée devant la juridiction dont émane l’injonction de payer européenne. Elles est formée au greffe soit par déclaration contre récépissé soit par lettre recommandée ». 

L’injonction de payer

Dans le cadre de votre activité, vous pouvez faire face à des retards de paiement ou des factures impayées. Ces situations ont un impact non négligeable sur votre trésorerie. Afin d’obtenir rapidement le recouvrement de vos factures impayées, vous pouvez effectuer un recouvrement amiable ou opter pour un recouvrement judiciaire via la procédure d’injonction de payer.  

Qu’est-ce que l’injonction de payer ?

La procédure d’injonction de payer est une procédure de recouvrement judiciaire des créances.

 

A la différence du recouvrement amiable exercé en interne par votre entreprise ou via une société de recouvrementl’injonction de payer permet au créancier de demander au juge de rendre une décision ordonnant au débiteur de régler les sommes dues.

La décision rendue par le juge est une ordonnance valant « titre exécutoire » au sens de l’article L. 111-3 du Code des procédures civiles de l’exécution. Le titre exécutoire permet au créancier, avec le concours d’un commissaire de justice (anciennement « huissier de justice »), de poursuivre l’exécution forcée de sa créance sur les biens du débiteur (saisie mobilière, saisie à tiers détenteurs, etc.).

La procédure d’injonction de payer est ouverte pour toute créance, quel que soit son montant, sous réserve de réunir certaines conditions.

Définitions : le terme « créancier » désigne la personne, physique ou morale qui détient un droit (la « créance ») à l’encontre d’une autre personne, le « débiteur ».

Quelles sont les conditions pour engager une procédure d’injonction de payer ?

Pour engager une procédure d’injonction de payer, la facture dont vous souhaitez obtenir le recouvrement doit réunir des conditions relatives, d’une part, à son origine et, d’autre part, aux caractéristiques de la créance.

 

  • Les conditions relatives à l’origine de la facture impayée :

La facture doit résulter d’un contrat dument signé et accepté par le client, tel qu’un bon de commande, un ordre de réparation ou un devis.

 

  • Les conditions relatives à la créance :

La facture impayée doit porter sur une créance de somme d’argent qui revêt les caractéristiques suivantes :

être certaine : la créance est incontestable et fondée juridiquement, notamment lorsque la facture est émise après la livraison d’un bien ou la fourniture d’un service, en vertu d’un bon de commande, un devis ou un ordre de réparation signé par le client.

être liquide : le montant ou la valeur de la créance est déterminée ou déterminable, notamment lors de l’édition d’une facture définitive et conforme au prix convenu.

être exigible et non prescrite : la date de paiement inscrite sur la facture est dépassée et le délai de prescription n’est pas expiré.

La demande d’injonction de payer n’interrompt pas la prescription. Il est donc déconseillé d’y recourir lorsque le délai de prescription est proche de son expiration. Dans un tel cas, il convient de procéder à une assignation en paiement.

Le délai de prescription : période pendant laquelle il est possible de recourir à la justice pour exercer ses droits. Le délai diffère selon la nature des actions : 

  • Pour les actions contre un professionnel : 5 ans à compter de la date d’exigibilité de la facture.
  • Pour les actions d’un professionnel contre un consommateur : 2 ans à compter de la date d’exigibilité de la facture.

Pour plus d’informations sur les délais de prescription : Les délais pour agir en justice.

Comment engager une procédure d’injonction de payer ?

L’injonction de payer est demandée sous forme de requête écrite adressée au tribunal du lieu où se trouve le domicile ou le siège social du débiteur.

La requête

La requête doit clairement mentionner le montant de la somme réclamée en principale et les éventuelles pénalités de retard dues.

Elle doit être accompagnée des documents justificatifs (bon de commande, ordre de réparations, factures…) sous peine d’irrecevabilité. 

La requête est réalisée au moyen d’un formulaire CERFA adapté :

La notice est consultable sous ce lien

La procédure d’injonction de payer ne peut pas être engagée contre un débiteur placé en procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation). Avant de déposer une requête, vous devez vérifier la situation de votre débiteur dans le registre national des entreprises (RNE) ou auprès du greffe du Tribunal de commerce.

 

Le tribunal compétent

La requête doit être déposée au greffe du tribunal dans le ressort duquel se trouve le domicile ou le siège social du débiteur. Le tribunal compétent sera le tribunal judiciaire, tribunal de commerce ou tribunal de proximité, selon la nature de la créance :

  • Si votre client est un commerçant, artisan ou une société commerciale (créance commerciale) : Tribunal de commerce.
  • Si le client est un particulier : Tribunal Judiciaire ou du Tribunal proximité.

 

Attention : pour un recouvrement de créances devant le Tribunal judiciaire (c’est-à-dire si votre client est un particulier), et si le montant total de la créance est inférieur à 5000,00 €, vous devrez au préalable justifier avoir tenté une médiation ou une conciliation avant de déposer votre demande d’injonction de payer. Plus d’information en cliquant sur ce lien.

Comment se déroule la procédure et quels sont les effets de l’injonction de payer ?

La procédure

Il s’agit d’une procédure unilatérale qui ne nécessite pas le recours à un avocat, ni la présence ou l’accord du débiteur.

Le Juge se prononce uniquement sur la base des documents remis par le créancier et il délivre une ordonnance qui accueille ou au contraire rejette la demande du créancier :

 

  • Ordonnance de rejet : votre requête est rejetée et vous ne disposez d’aucun recours possible contre cette décision. Pour poursuivre le recouvrement, vous devrez introduire une action par assignation devant le tribunal compétent.

 

  • Ordonnance portant injonction de payer : votre requête est accueillie par le juge. Le greffe vous remet une copie certifiée conforme de la requête et de l’ordonnance revêtue de la formule exécutoire. 

 

Les effets de l’injonction de payer

Une fois obtenue, l’injonction de payer doit être signifiée au débiteur dans un délai de trois mois (article 1411 du code de procédure civile). 

La signification est effectuée par un commissaire de justice, à la demande du créancier. Elle  doit par ailleurs contenir une sommation faite au débiteur de payer la somme mentionnée sur l’ordonnance, ou de faire opposition. Les formes et délais de l’opposition devront obligatoirement être précisés dans l’acte.

Le débiteur dispose d’un délai d’un mois pour faire opposition à l’injonction de payer auprès du tribunal.

Le délai d’opposition est suspensif d’exécution. En d’autres termes, tant que ce délai n’a pas expiré, vous ne pouvez pas procéder à des mesures d’exécution forcée (saisie mobilière, saisie à tiers détenteurs, etc.).

La réaction du débiteur 

  • Il ne fait pas opposition : 

Le débiteur procède au règlement de la créance, le recouvrement prend fin.

 

  • Il fait opposition :

Le débiteur, destinataire de la signification, peut faire opposition dans un délai d’un mois à compter de la signification en se rendant au greffe du tribunal compétent ou en lui adressant une lettre recommandée.

Le greffe vous adressera, en tant que créancier, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, une copie de la déclaration d’opposition. 

Le Tribunal convoque les parties et chacune d’elles devra prouver ses prétentions. Il vous appartiendra de démonter l’existence ainsi que le montant de la créance. 

Si la créance est supérieure à 10.000 €, il est obligatoire d’être représenté par un avocat. Vous devrez constituer avocat auprès du tribunal dans un délai de quinze jours à compter de la notification, c’est-à-dire missionner un avocat pour assurer la défense de vos intérêts.

Un jugement sera ensuite rendu :

⇒ Si le montant de la créance est supérieur à 5.000 €, il est possible de contester le jugement devant la Cour d’appel.

⇒ Si le montant de la créance est inférieur à 5.000 €, il est nécessaire de saisir la Cour de cassation pour contester le jugement. 

Recouvrement amiable des petites créances par Commissaire de justice

Depuis 2015, il existe une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances. Elle concerne les dettes dont le montant principal avec intérêts est inférieur à 5.000 €. Cette procédure doit être mise en œuvre par l’intermédiaire d’un commissaire de justice (fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs).

Quelles sont les créances concernées ?

Vous  êtes titulaire d’une créance à l’encontre d’un client, d’un professionnel, ou même d’un particulier en dehors de votre vie professionnelle, vous pouvez avoir recours à cette procédure.

Nouveauté issue de la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026 visant à instaurer une procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées : 

Depuis le 25 avril 2026, les créances commerciales, à savoir celles ayant fait l’objet d’une facturation entre commerçants, sont exclues du champ d’application de la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances.

Plusieurs types de créances sont concernés : 

  • Les créances ayant une cause contractuelle, sauf celles ayant fait l’objet d’une facturation entre commerçant. Ex : facture non réglée, reconnaissance de dette, chèque impayé. 
  • Une obligation à caractère statutaire. Ex : un organisme public (retraite) ne vous a pas versé une cotisation qui vous est due.

La procédure doit être engagée à votre initiative, dès lors que votre débiteur refuse de payer sa dette. Avant de saisir le Commissaire de justice, il est conseillé d’adresser une lettre de mise en demeure à votre débiteur. En cas de refus de sa part, ou en cas d’absence de réponse, vous pouvez engager la procédure simplifiée.

Condition : le montant de la créance, y compris les intérêts, doit être inférieur à 5.000 €

Pour une créance supérieure à 5.000 €, vous ne pouvez pas avoir recours à cette procédure et devez saisir le tribunal compétent (procédure judiciaire d’injonction de payer).

Suspension de la prescription

La prescription désigne la durée au-delà de laquelle une action en justice, civile ou pénale, n’est plus recevable. Cette procédure simplifiée permet de suspendre le délai de prescription, ce qui n’est pas le cas d’une simple lettre recommandée de mise en demeure. 

Exemple : la prescription des créances entre un professionnel (commerçant, artisan ou prestataire de service) et un consommateur est de 2 ans. Toute créance de plus de 2 ans ne peut plus être réclamée par le professionnel. 

Exemple : entre deux professionnels, la prescription est de 5 ans. Si la créance qu’on vous doit se rapproche du délai de prescription, n’hésitez pas à utiliser cette procédure. Vous bénéficierez d’une suspension du délai de prescription et sa prolongation d’au moins 6 mois. Cela vous donnera du temps pour agir en cas d’échec.   

Les frais de cette procédure de recouvrement par commissaire de justice sont à la charge exclusive du créancier. Il faut cependant savoir que cette procédure, qui se déroule sur une durée d’un mois, peut vous permettre d’éviter non seulement les frais d’un procès mais peut également vous faire gagner beaucoup de temps.

Comment saisir le commissaire de justice ?

Vous pouvez le saisir par tout moyen à votre choix, y compris par voie électronique, en vous connectant sur la plateforme de traitement des petites créances qui est sous la responsabilité de la Chambre Nationale des Commissaires de Justice. Les étapes ainsi que les tarifs sont détaillés sur ce site et le professionnel est guidé pas à pas pour le dépôt de sa demande en ligne.

Si vous ne souhaitez pas passer par la plateforme en ligne, vous devez contacter le Commissaire de justice situé dans le ressort de la Cour d’appel où le débiteur à son domicile.

Quelles pièces transmettre au commissaire de justice?  

  • Le commissaire de justice va vérifier, pour tout le moins, que la créance est bien exigible (article L.111-2 du Code des procédures civiles d’exécution). 
  • Vous devez lui fournir  des éléments détaillant la nature du litige, le montant réclamé, et joindre les pièces justificatives de votre créance : identité du débiteur, preuve de l’impayé, marge de négociation possible.

Le déroulement de la procédure 

  • Le Commissaire de justice va adresser une lettre recommandée avec accusé de réception à votre débiteur. Cette lettre doit en outre indiquer :

– Que le débiteur peut accepter ou refuser cette procédure ;

-Que s’il accepte de participer à cette procédure simplifiée, le débiteur doit manifester son accord auprès du Commissaire de justice dans un délai d’un mois à compter de l’envoi de la lettre ;

-Que s’il refuse de participer à cette procédure simplifiée, il peut manifester ce refus par tout moyen ; l’absence de réponse dans le délai d’un mois vaut refus implicite ;

-Qu’en cas de refus (exprès ou implicite), le créancier pourra saisir le juge afin d’obtenir un titre exécutoire (injonction de payer).

  • Le débiteur dispose d’un mois pour prendre sa décision
  1. Le Commissaire de justice constate l’accord ou le refus du débiteur de participer à la procédure de recouvrement simplifié.
  2. Si le débiteur accepte de participer à la procédure, le Commissaire de justice lui propose un accord sur le montant et les modalités de paiement.

L’issue de la procédure 

Le Commissaire de justice établit un rapport écrit, qui peut être électronique, dans lequel il consigne, selon les cas :

  • Soit le refus du débiteur de participer à la procédure ;
  • Soit l’expiration du délai d’un mois, sans réponse du débiteur. Dans ce cas, le Commissaire de justice consigne qu’aucun accord ne peut être établi sur le montant et les modalités de paiement ;
  • Soit le refus exprès du débiteur d’accepter la proposition d’accord sur le montant et les modalités de paiement ;

Dans l’une ou l’autre des 3 hypothèses ci-dessus, puisque le recouvrement amiable ne peut pas se dérouler, vous devrez avoir recours à l’injonction de payer.

  • Soit la conclusion d’un accord sur le montant et les modalités de paiement ; dans ce cas, le Commissaire de justice délivre au créancier un titre exécutoire qui récapitule les échanges entre les parties en vue de la conclusion de cet accord. Il en donne une copie, sans frais, au débiteur.

Attention !

  • Dès l’envoi de la lettre recommandée du Commissaire de justice, aucun paiement ne peut avoir lieu avant la fin de la procédure ;
  • Le Commissaire de justice qui établit le titre exécutoire ne peut pas se charger de l’exécution forcée du recouvrement de la créance. Il faut faire appel à un autre Commissaire de justice.

Droit de rétention

Les risques d’impayés sont permanents dans le cadre de l’exercice d’une activité professionnelle.

Le législateur a mis en place un arsenal de procédures amiables ou judiciaires destiné à vous aider à faire face à ces situations. Vous privilégierez l’une ou l’autre procédure en fonction de la situation du débiteur et le cas échéant en fonction du montant du litige.

En tant que professionnel de l’automobile, vous disposez également de certains droits spécifiques (droit de gage du vendeur, droit de rétention du réparateur) qu’il conviendra d’actionner en respectant un certain formalisme.

Dans cette note, nous abordons le droit de rétention du réparateur et le privilège du réparateur.

Les conditions du droit de rétention du réparateur

Le droit de rétention est la faculté accordée à un créancier qui détient la chose de son client débiteur, d’en refuser la délivrance jusqu’à complet paiement. Soit, en ce qui nous concerne, le paiement de la facture de réparation.

  • Créanciers pouvant se prévaloir du droit de rétention

– Le vendeur (automobile)

En principe, il est tenu de livrer la chose vendue (obligation de délivrance). Cependant, les articles 1612 et 1613 du Code civil reconnaissent au vendeur le droit de retenir la chose dans le cas où l’acheteur ne lui en paie pas le prix, sauf s’il lui a accordé un délai de paiement.

– Le dépositaire et le réparateur (article 2286 du Code civil) 

  • celui à qui la chose a été remise jusqu’au paiement de sa créance,
  • celui dont la créance impayée résulte du contrat qui l’oblige à livrer (le vendeur);
  • celui dont la créance impayée est née à l’occasion de la détention de la chose (garagiste);
  • celui qui bénéficie d’un gage sans dépossession (le prêteur).
  • Une créance certaine et exigible

Le droit de rétention implique nécessairement l’existence d’une créance. Il est indispensable d’éditer et de conserver un écrit (bon de commande ou ordre de réparation signé par le client) afin de pouvoir prouver l’existence du contrat sur lequel seront mentionnées les différentes obligations des parties et notamment le paiement du prix.

Par ailleurs, la créance du professionnel doit être exigible, ce qui suppose qu’aucun délai de paiement n’ait été accordé au client qui est tenu de payer le montant convenu pour reprendre son véhicule. Là encore, l’OR (ordre de réparation) peut le prévoir.

  • Le créancier doit détenir matériellement la chose

Le droit de rétention qui se réduit à la faculté reconnue au créancier de prolonger la mainmise physique sur une chose, suppose la détention de cette chose.

Il a également été jugé qu’un droit de rétention peut être exercé sur les documents administratifs d’un véhicule automobile.

En revanche, le créancier qui se dessaisit volontairement de la chose perd son droit de rétention. Soyez vigilant lorsque votre client souhaite repartir avec le véhicule réparé et vous régler dans un second temps: un réparateur qui restituerait le véhicule avant paiement complet de la facture perd de facto son droit de rétention sur ce véhicule.

Autre conséquence: lorsque vous laissez partir votre client sans qu’il ne paie la réparation, et qu’il revient quelques jours plus tard pour une nouvelle réparation sur son véhicule, vous ne pouvez plus faire usage de votre droit de rétention concernant la 1ere facture impayée.

  • Existence d’un lien de connexité entre la créance impayée et la chose retenue

Le droit de rétention ne peut être attribué du seul fait de la détention. Il doit être justifié par le défaut de paiement de la créance invoquée par le rétenteur (Article 2286 du Code civil).

Exemple : c’est le cas lorsqu’un réparateur retient le véhicule qui lui a été confié pour obtenir le paiement des réparations effectuées.

La connexité suppose que la détention matérielle du véhicule et que la créance invoquée découlent d’un seul contrat. Ainsi, le dépositaire ne peut retenir le véhicule qui lui a été remis que pour réclamer le paiement des sommes dues en vertu du dépôt, et non pour réclamer le paiement d’autres créances.

En cas de réparations successives 

Le réparateur ne peut retenir le véhicule que pour exiger le paiement de la dernière réparation :

  • en remettant le véhicule au client lors des réparations antérieures, le réparateur perd son droit de rétention,
  • Le droit de rétention ne peut être exercé qu’en vertu du contrat pour lequel le véhicule lui a été remis.

Exception : Si les réparations successives découlent d’un seul contrat (ex : contrat cadre d’entretien d’une flotte), le réparateur est fondé à retenir le véhicule jusqu’au paiement complet de toutes les sommes dues par le client.

Les prérogatives reconnues au créancier rétenteur (vendeur ou réparateur)

  • Refus de restituer la chose retenue au propriétaire

Lorsque les conditions d’existence du droit de rétention sont réunies, le créancier peut refuser de restituer la chose détenue à son propriétaire jusqu’au paiement complet de la facture qui justifie la rétention.

Si le propriétaire veut récupérer la chose, il doit s’acquitter de sa dette envers le rétenteur.

Un paiement partiel n’autorise pas le propriétaire à récupérer son bien.

En contrepartie, le créancier rétenteur doit conserver la chose.

Le droit de rétention oblige le rétenteur à ne pas en user et à en prendre soin : il doit s’acquitter de toutes les obligations et diligences nécessaires à sa conservation.

  • Un droit opposable à tous

Opposabilité de la rétention aux autres créanciers du débiteur

Hormis le cas où le débiteur fait l’objet d’une procédure collective, le créancier rétenteur peut opposer son droit aux autres créanciers de son débiteur. Ainsi, si un autre créancier souhaite diligenter une saisie du véhicule, il ne pourra en obtenir la délivrance qu’après avoir désintéressé le créancier rétenteur.

Opposabilité de la rétention aux ayant cause à titre particulier du débiteur

  • Opposabilité au nouveau propriétaire de la chose retenue car il a acquis  une chose supportant déjà ce droit. Peu importe qu’il ait ou non payé le prix d’achat du véhicule entre les mains de son vendeur.

Jurisprudence

Cass.1re civ., 24 sept. 2009, no 08-10.152, no 884

Une société de tourisme avait acheté en 2004 à la société X trois campings car qu’elle a revendus à différents acheteurs ; lesquels lui en ont réglé le prix tandis qu’elle-même n’a rien payé à la société X qui a dès lors exercé un droit de rétention sur les documents administratifs des véhicules. Un des sous-acquéreurs l’a poursuivi en justice afin d’obtenir ces documents.

La Cour de cassation a rappelé que « le droit de rétention exercé par la société X, qui pouvait légitimement prétendre au paiement du prix des véhicules, était opposable aux sous- acquéreurs, la bonne foi de ceux-ci et l’insolvabilité de la société de tourisme ne pouvant faire dégénérer en abus l’exercice de ce droit ».

 

  • Opposabilité du droit de rétention au propriétaire du véhicule ayant mis son véhicule en location :

Jurisprudence

Cass. com., 3 mai 2006, no 04-15.262, no 553

La jurisprudence a fait droit à la demande du créancier rétenteur dans le cas de la rétention d’un véhicule automobile remis pour réparation à un réparateur. Elle a admis que le réparateur pouvait retenir le véhicule jusqu’au paiement de la réparation qui lui était due par le locataire. La jurisprudence a considéré que la dette était née à l’occasion de la détention du véhicule, ce qui permettait au réparateur de demander le paiement de sa créance au propriétaire en exécution d’une obligation réelle incombant à ce dernier.

Droit de rétention et procédures collectives

En cas d’ouverture d’une procédure collective à l’encontre du débiteur, le rétenteur comme tout créancier doit déclarer sa créance (art. L. 622-24, al. 1 du code de commerce). A défaut, la créance n’est pas éteinte mais devient inopposable à la procédure.

Situation du créancier rétenteur au cours de la période d’observation :

Le créancier rétenteur peut, au cours de la période d’observation, écarter l’application de l’interdiction des paiements des créances antérieures dans le cas où les représentants des créanciers décideraient de le désintéresser pour retrouver le droit de disposer de la chose retenue.

Situation préférentielle du créancier rétenteur dans la procédure de liquidation judiciaire :

La situation du créancier dépend du choix opéré par le liquidateur. Si le liquidateur, autorisé par le juge commissaire, souhaite retirer la chose retenue, le créancier qui a déclaré sa créance peut, comme au cours de la période d’observation, en obtenir le paiement (art. L. 641-3 Code de commerce).

Si le liquidateur n’envisage pas de retirer la chose retenue ou s’il n’a pas été autorisé à le faire, il doit demander au juge commissaire, dans les 6 mois du jugement de liquidation judiciaire, l’autorisation de vendre le bien (art. L. 642-20-1 du code de commerce). Dans ce cas, le droit du créancier rétenteur est de plein droit reporté sur le prix en application de l’article L. 642-20-1, alinéa 3, du Code de commerce.

 

  • L’extinction de la rétention

Accessoire de la créance, le droit de rétention s’éteint lorsque la créance disparaît.

Peut-on vendre le véhicule retenu ?

Le professionnel peut, en s’adressant au Tribunal judiciaire, obtenir la vente du véhicule qui fait l’objet de la rétention dès lors qu’il a été « abandonné » par son propriétaire. Ce droit est applicable au réparateur automobile dès lors que le véhicule est en sa possession depuis au moins 3 mois.

Le délai court soit de la date de retrait convenue dans l’ordre de réparation ou, à défaut, de la mise en demeure d’avoir à régler la facture et de reprendre le véhicule, sauf à se voir facturer des frais de gardiennage.

Veuillez consulter la note sur les véhicules abandonnés pour de plus amples informations sur cette procédure.

Le privilège du réparateur

Privé de son droit de rétention du fait de la restitution du véhicule, le réparateur pourra néanmoins invoquer le privilège de la conservation de la chose.

Ce privilège est accordé à tous ceux qui engagent des frais pour la conservation de la chose d’autrui (Article 2332, 3° du code civil). Il leur permet de se faire payer sur le prix de la vente du bien par préférence aux autres créanciers.

Les frais de conservation s’entendent strictement. Il s’agit de frais entrepris pour conserver effectivement la chose, non des dépenses destinées à lui apporter des améliorations ou à augmenter sa valeur.

Jurisprudence

Cass. com, 16 mai 1966 :

Le privilège du réparateur (celui qui a fait des frais pour la conservation du véhicule) est limitativement accordé par l’article 2332, 3° du code civil).

La Cour de cassation précise en ce sens qu’il ne peut être invoqué par ceux qui, par leur prestation de réparation, ont créé un apport en valeur du fait du remplacement de pièces cassées ou usagées sur un véhicule, dès lors que, les frais n’étaient ni urgents ni nécessaires.

Les juges du fond n’ont pas précisé en l’espèce, dans quelle mesure le gage aurait été conservé par cet apport en valeur.

Cass. com, 12 janvier 1988 :

Dans le sens contraire, le bénéfice du privilège doit être accordé au réparateur d’un camion qui a procédé au remplacement nécessaire du moteur.

 

Vente VO : Développez votre business avec la garantie Self Control !

Dans votre entreprise, la vente de véhicules d’occasions est très importante. Pour assurer ce commerce, il est primordial de proposer des solutions de garantie commerciale qui rassurent votre clientèle et sont une véritable valeur ajoutée à votre activité. Découvrez cette solution simple, moderne, économique et adaptée à votre activité !

Suite à une forte demande de ses adhérents, la branche maintenance-vente de la FNA s’est rapprochée de la société AMB-Garantie afin de proposer :

  • soit un service d’auto-garantie pour les professionnels de la vente de véhicules d’occasion.
  • soit permettre aux professionnels de se diriger vers une garantie de type assurantielle pour la vente de véhicules d’occasion.

 

Un partenariat a été signé entre la société AMB GARANTIES et la FNA

AMB GARANTIES a développé une offre de Garantie commerciale via une interface intranet, permettant aux professionnels de l’automobile de créer et gérer en interne leurs Garanties commerciales Panne Mécanique sur-mesure. La Garantie Self Control permet au vendeur de faire bénéficier sa clientèle d’une Garantie panne mécanique commerciale contractuelle dont il détermine lui-même la couverture, la durée, le plafond …

 

CETTE OFFRE EST EXCLUSIVEMENT RESERVEE AUX ADHERENTS FORMULE COMPLETE DE LA FNA

 

AMB GARANTIES met au service des professionnels:

– Une plateforme téléphonique disponible du lundi au vendredi 9h00 à 12h30 et 13h30 à 18h00

– Un service relationnel clients polyvalent

– Une force commerciale terrain

– Un extranet, outil adapté pour une liberté d’autonomie et d’utilisation

 

  • Tarifs pour la formule d’auto-garantie :

Souscription au service (Frais d’ouverture de compte) : 20€ HT (une fois à vie).

Contrat réalisé par véhicule et par client : 20€ HT le contrat enregistré et validé dans le système informatique. Le prélèvement de chaque contrat réalisé se fait en fin de mois. Il est possible d’accéder à ses factures et ses contrats dans son espace professionnel.

  • Conditions de souscription :

Être à jour de sa cotisation d’adhésion FNA (formule complète ou formule Platinium).

Télécharger (en bas de cette note dans l’onglet « documents complémentaires ») et compléter le bulletin de souscription AMB Garantie et joindre :

    • un extrait K-BIS de moins de 3 mois
    • une copie recto/verso de la carte d’identité du gérant de l’entreprise
    • le formulaire SEPA complété (vous le trouverez dans le bulletin de souscription)
    • un RIB

Merci d’envoyer tous ces documents  à contact@fna.fr.

Après réception et validation des documents, la FNA transmet la demande à AMB Garanties, qui se charge de créer le compte du professionnel sur http://www.amb-garanties.com.

Présentation de l’auto-garantie proposée par AMB Garantie :

La Garantie proposée se nomme « Garantie Self Control ». C’est une auto-garantie, le professionnel vendeur garantit lui-même le véhicule. Il prend donc en charge à ses frais les réparations prévues au contrat. AMB GARANTIES s’occupe de la gestion des appels clients suite à une panne apparue sur le véhicule, de dire au client si le sinistre est pris en charge par sa garantie et de vérifier auprès du vendeur du véhicule s’il est d’accord pour la prise en charge et à quel montant (en fonction de ce qui a été défini dans ses conditions générales).

Les + de la gestion externalisée de l’auto-garantie :

  • Le client contacte la plateforme AMB Garanties en appelant le 0821 020 021 disponible du lundi au vendredi 9h00 à 12h30 et 13h30 à 18h00
  • AMB Garanties prend en charge la demande de votre client et vérifie, au regard du contrat, si la panne est prise en charge et si une franchise doit être appliquée.
  • Le professionnel vendeur pourra être conseillé par AMB pour proposer une offre commerciale à son client (exemple : prise en charge à 50% de la franchise ou des réparations). C’est un réel avantage pour éviter les conflits et ainsi, fidéliser sa clientèle qui n’hésitera pas à parler de vous à un futur acquéreur.
  • Si votre client tombe en panne loin de votre entreprise, AMB Garanties lui propose un autre établissement de réparation mécanique situé si possible à proximité de son lieu de résidence. Ainsi, il fera le lien entre le professionnel vendeur et le professionnel réparateur pour trouver un accord sur la prestation qui sera prise en charge par le vendeur. AMB pourra se faire le relais de la transaction financière (transmission du devis, accord, facture).

 

Comment créer un contrat de garantie pour un véhicule ?

1. Se connecter dans votre espace professionnel sur le site http://www.amb-garanties.com grâce aux identifiants communiqués par AMB Garanties (après souscription au produit).

2. Sélectionner le contrat de son choix, vous avez 3 possibilités :

  • Le contrat ESSENTIEL : C’est la garantie classique Moteur-Boite-Ponts avec main d’œuvre
  • Le contrat ELITE: C’est la garantie complète avec main d’œuvre
  • Le contrat A LA CARTE: Le professionnel décide lui-même de la couverture de la garantie

3. Pour la garantie A LA CARTE : sélectionner les éléments que vous souhaitez couvrir sur le véhicule.

4. Compléter les champs : durée de garantie, plafond de km, plafond de prise en charge par sinistre, dates, franchise et champ libre …5. Compléter les champs concernant le client et le véhicule.

6. Vérifier les informations, cocher la case pour valider le contrat puis cliquer sur valider le contrat

7. Imprimer le contrat et le faire signer en 2 exemplaires par le vendeur et le client. AMB enverra dans un second temps une pochette à votre client avec un exemplaire du contrat et le rappel de la procédure en cas de panne survenue sur le véhicule.

 

AMB Garantie propose également une garantie assurantielle !

AMB GARANTIE a également développé une garantie assurantielle, sous la dénomination selon les cas, « Garantie Elite » ou « Garantie Equilibre » ou « Garantie Essentielle ». Le contrat de Garantie choisi a pour objet de faire bénéficier le Véhicule vendu par le professionnel d’une Garantie mécanique souscrite auprès de la compagnie d’assurance Société Mutuelle d’Assurance de Bourgogne (S.M.A.B.) se décomposant comme suit : Prise en charge par la Société Mutuelle d’Assurance de Bourgogne (S.M.A.B.), du coût des réparations pièces et main d’œuvre dans les limites des Garanties prévues au contrat, nécessitées par la défaillance d’un organe ou d’une pièce couverts, et dans la limite des plafonds prévus au contrat.

Pour plus de renseignements sur la garantie assurantielle, n’hésitez pas à contacter AMB GARANTIE à l’adresse contact@amb-garanties.com ou au 0821 020 021 en précisant votre qualité d’adhérent de la FNA.